D'un contexte géopolitique tendu, Air France a décidé de mettre fin à sa représentation locale au Mali. Alors que la compagnie avait déjà suspendu ses vols vers le pays depuis le 7 août 2023, cette décision est désormais officialisée pour une cessation totale des activités à partir du 30 juin 2026, comme l'indique une correspondance interne consultée récemment.
La situation au Sahel a conduit Air France à revoir ses opérations. Selon un article du Journal du Mali, l'accroissement des tensions et l'instabilité politique, exacerbées par les coups d'État survenus dans la région, ont particulièrement impacté les relations entre la France et les autorités maliennes. En effet, après l'arrivée de militaires au pouvoir, les restrictions sur les liaisons aériennes se sont multipliées, et comme l'indiquent des sources militaires maliennes, la reprise des vols vers Bamako n'a pas été autorisée.
Depuis le coup d'État au Niger en juillet 2023, d'autres compagnies aériennes, telles que Turkish Airlines et Corsair, ont tenté de combler le vide laissé par Air France, modifiant ainsi les dynamiques de trafic aérien. Corsair a également suspendu ses vols vers Bamako, face à des menaces croissantes d'attaques djihadistes, entravant les déplacements dans la région. Cela témoigne d'un climat d'insécurité accrue, qui rend le maintien des services aériens de plus en plus difficile.
Des experts en relations internationales, comme Pierre Verluise, soulignent que la décision d'Air France n'est pas seulement économique, mais aussi hautement symbolique. Elle représente un retrait significatif de l'influence française dans une région où la France a longtemps été perçue comme un acteur clé. Le fait que les liaisons soient suspendues à un moment où les tensions politiques montent en flèche souligne un changement de paradigme dans la relation franco-africaine.
En somme, la fermeture de la représentation d'Air France au Mali envoie un message fort quant à la délicate balance entre commerce, diplomatie et sécurité dans la région. Avec la persistance des conflits et des enjeux géopolitiques, l'avenir des liaisons aériennes et des relations franco-malien est plus incertain que jamais.







