Le grand moment tant attendu est enfin arrivé ! La 80e édition du Festival d'Avignon, emblématique rendez-vous international du théâtre, a été lancée samedi pour trois semaines d'effervescence artistique. Un événement marquant a été l'ouverture avec un spectacle de cinq heures, mettant en avant l'art coréen tout en soulevant des préoccupations budgétaires pour le secteur culturel.
Dans la ville historique, des artistes des compagnies du Festival Off paradent dans leurs costumes, distribuant des flyers aux premiers visiteurs, souligne une correspondante de l'AFP.
- Richesse des propositions -
Tiago Rodrigues, directeur du Festival, a déclaré à l'AFP que cette édition était une véritable "célébration des arts vivants", incluant théâtre, danse, performances et cirque. Il a insisté sur le fait que les artistes, d'horizons variés, abordent les enjeux et les joies contemporaines.
Pour la première fois, le festival met en avant une majorité de femmes metteurs en scène, comptant 27 femmes, 16 hommes et 6 collectifs. Plus de 24 artistes français, tels que Jeanne Candel et Boris Charmatz, ainsi que 25 internationaux, dont la Brésilienne Christiane Jatahy et l'Égyptien Ahmed El Attar, font leur apparition.
Cette année, la manifestation se dédie également à la "fête des questionnements" en impliquant le public. Elle se conclura par une nuit de réflexions dans la Cour d'honneur, abordant les interrogations que l'art soulève dans le monde actuel.
- Préoccupations budgétaires -
À l'approche de l'ouverture, plusieurs organisations professionnelles ont exprimé leur inquiétude dans une lettre à Emmanuel Macron, mentionnant l'annulation des dotations prévues pour le second semestre, touchant de nombreuses structures de spectacle vivant, y compris deux théâtres parisiens et quatre orchestres. Le ministère a reconnu que le gel des crédits n'était pas une suppression définitive et a promis que certains montants seraient disponibles dès la semaine suivante.
- Ouverture par Julien Gosselin -
Avec "Maldoror", Julien Gosselin, directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe, a emporté le public dans une expérience intense. Cette œuvre, inspirée par le littéraire chilien Roberto Bolaño, aborde des thématiques sombres, mettant en avant une réflexion sur la beauté qui peut dissimuler la barbarie, une préoccupation qui touche profondément le metteur en scène.
- Han Kang et les artistes coréens à l'honneur -
Pour cette édition, le coréen est mis à l’honneur, représentant environ 20% de la programmation. La lauréate du prix Nobel de littérature 2024, Han Kang, inspirera deux spectacles durant son séjour au festival.
- 1.400 compagnies pour le Off -
En parallèle, le Festival Off anime les 141 théâtres d'Avignon, transformant la ville en un vaste marché du spectacle. Près de 1.400 compagnies proposeront 1.780 spectacles, totalisant 27.000 représentations. Dans un climat de crise, des "assises" porteront sur les défis économiques du secteur culturel, continuant jusqu'en 2027.







