Une planète exceptionnelle, de la taille de Saturne, navigue sans but dans l'immensité de l'univers, à environ 10 000 années-lumière de notre Terre. Cette découverte, décrite par New Scientist, marque un tournant dans notre compréhension des corps célestes solitaires.

Unissant leurs efforts, des chercheurs polonais et britanniques ont réussi à repérer cette "planète vagabonde" en 2024, grâce à l'analyse conjointe de données obtenues par deux télescopes terrestres et le télescope spatial Gaia. La plupart des planètes que nous connaissons évoluent au sein de systèmes stellaires, comme celles de notre propre système solaire. Cependant, les planètes errantes se détachent de ces systèmes, dérivant librement dans l'espace interstellaire.

Ces planètes errantes suscitent un vif intérêt scientifique en raison de leur faible luminosité, rendant leur détection complexe. La méthode employée pour cette découverte s'appelle la "microlentille gravitationnelle", un phénomène qui se manifeste lorsque la lumière d'une étoile lointaine est déformée par la gravité d'un objet comme une planète, formant ainsi un halo lumineux autour d'elle.

Les chercheurs ont non seulement identifié cette planète, mais ils ont également pu déterminer sa masse grâce à une opportunité rare. Alors que l’événement de microlentille était observé, le télescope spatial Gaia était dirigé vers le maître d'œuvre de cette découverte, enregistrant simultanément les données nécessaires. Ce couplage de données a permis de confirmer que cette planète équivaut à la taille de Saturne et marque ainsi une première pour des mesures directes de ce type.

Un univers de planètes errantes

Les auteurs de cette étude, publiée dans Science, suggèrent que les planètes vagabondes pourraient être plus nombreuses dans notre galaxie que ce que l'on croyait auparavant. Selon Andrzej Udalski, co-auteur de l'étude et astrophysicien à l'Université de Varsovie, les modèles théoriques sur la formation des systèmes planétaires indiquent qu'il pourrait y en avoir davantage que d'étoiles dans la Voie lactée.

La perspective d'utiliser le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA, prévu pour 2027, pourrait révolutionner notre capacité à découvrir ces mondes solitaires. Avec la retraite récente du télescope Gaia de l'ESA en mars dernier, l'attente pour de nouvelles découvertes s'intensifie. Ces planètes isolées pourraient offrir des indices précieux sur les dynamiques de formation des systèmes stellaires, soulignant notamment que certains pourraient avoir été éjectés lors des premiers stades de formation, y compris ceux de notre propre système solaire.

Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives, et comme le souligne The Independent, la découverte de cette planète vagabonde pousse les scientifiques à reconsidérer les mécanismes de formation des systèmes planétaires. Un avenir prometteur se dessine, rempli de possibilités d'exploration et de nouvelles connaissances sur les mystères de notre univers.