En 2025, la France se trouve à un carrefour démographique alarmant, illustré par une diminution continue du nombre de naissances et une hausse des décès. Selon l'Insee, entre janvier et novembre de l'année dernière, le nombre moyen de naissances a chuté de 2,4 % par rapport à 2024, marquant une tendance inquiétante qui dure depuis 2011, à l'exception d'une légère hausse en 2021, en lien avec les effets de la pandémie de Covid-19.
Les statistiques sont eloquentes : en novembre 2025, environ 51.000 bébés ont vu le jour, portant le total à 590.000 pour l'année. Ce niveau au plus bas se répète pour la quatrième fois consécutive, un phénomène qui suscite des inquiétudes sur l'avenir démographique, notamment en ce qui concerne le financement de la protection sociale en France.
Les experts sociologiques, comme Catherine Scornet de l'Université d’Aix-Marseille, attribuent ce repli à une évolution des mentalités ; de plus en plus de personnes choisissent de vivre avec moins d'enfants, si tant est qu'ils désirent en avoir. Les inquiétudes sur le coût de la vie, la stabilité de l'emploi, et les enjeux environnementaux influencent également ces choix. 'La liberté d'opter pour une vie sans enfants est désormais largement acceptée,' déclare Scornet.
Dans le même temps, la France est confrontée à une augmentation progressive des décès, associée au vieillissement de la population. Selon les données de l'Insee, entre janvier et octobre 2025, les décès ont augmenté de 1,4 %. Si cette tendance se maintient, il est fort probable que, pour la première fois depuis 1944, le nombre de décès dépasse celui des naissances sur une année civile.
Magali Barbieri, chercheuse à l'Ined, souligne que cette évolution démographique apporte son lot de défis, notamment pour le système éducatif et les retraites. 'Nous devons anticiper ces changements pour préparer l'avenir,’ insiste-t-elle.
Devant ce tableau préoccupant, le gouvernement français a mis en place plusieurs mesures pour encourager les naissances, dont un nouveau congé de naissance de deux mois, indemnisé, qui s'ajoute aux congés existants. Toutefois, certains experts, comme Bernard Tranchand de l'Union nationale des associations familiales (Unaf), affirment que cela ne suffira pas. 'Il est crucial de lever les barrières économiques qui empêchent les familles d'avoir le nombre d'enfants qu'elles souhaitent,' dit-il.
Les années à venir seront décisives pour la France, et une adaptation des politiques sociales et économiques pourrait s'avérer nécessaire pour répondre à ces changements démographiques qui s'annoncent inéluctables.







