L'éviction d'une directrice de police dans les Landes crée des tensions

La directrice de la police des Landes licenciée, des réactions vives se font entendre.
L'éviction d'une directrice de police dans les Landes crée des tensions
La préfecture des Landes à Mont-de-Marsan, en 2006. WIKIMEDIA

La préfecture des Landes a annoncé, le 26 janvier, la mise à l'écart d'Agnès Mazin-Bottier, directrice départementale de la police nationale, en raison de « manquements répétés ».

Dans un communiqué, le cabinet du préfet, Gilles Clavreul, a précisé que cette décision fait suite à une série de faits ayant entraîné deux rappels à l’ordre, notamment durant l’été 2025. « Des problèmes supplémentaires ont été constatés depuis le début du mouvement des agriculteurs en décembre », ce qui a conduit à la demande de cessation de fonction.

Un incident marquant qui a joué un rôle crucial dans cette décision a été la gestion d’une manifestation agricole non déclarée le 11 janvier. Lors de cet événement, « des individus ont soudé des chaînes sur les grilles de la préfecture », ce qui a suscité la réaction du préfet. Ce dernier aurait demandé à la commissaire de disperser les manifestants, instruction qui, selon le communiqué, n'a pas été suivie.

Après plus de trente-six ans au service de la police, Mazin-Bottier avait annoncé son départ à la retraite anticipé le 14 janvier. Ce départ était, selon des sources, prévu pour l'automne 2026.

« On privilégie toujours le dialogue »

Le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) a vivement critiqué cette décision, la qualifiant d'« illégale », « arbitraire » et « méprisante ». Selon eux, cette décision aurait été communiquée par SMS, et ils reprochent au préfet d'« avoir désobéi ».

Frédéric Lauze, secrétaire général du SCPN, a souligné que c’était grâce au « dialogue normal et fluide » établi par la commissaire que la manifestation s'est déroulée de manière pacifique, sans violence ni dégradation. « Les agriculteurs ne sont pas des black blocs, mais des interlocuteurs respectables », a-t-il affirmé, ajoutant que l'effectif de la DDPN, avec seulement dix personnes, ne permet pas une intervention musclée, si nécessaire.

Dans un contexte de tensions croissantes, le syndicat a demandé une réunion avec le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour exposer « la pression » et l'« immixtion de plus en plus forte » de certains préfets dans la gestion du maintien de l'ordre.

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