La préfecture des Landes a annoncé, le 26 janvier, la mise à l'écart d'Agnès Mazin-Bottier, directrice départementale de la police nationale, en raison de « manquements répétés ».
Dans un communiqué, le cabinet du préfet, Gilles Clavreul, a précisé que cette décision fait suite à une série de faits ayant entraîné deux rappels à l’ordre, notamment durant l’été 2025. « Des problèmes supplémentaires ont été constatés depuis le début du mouvement des agriculteurs en décembre », ce qui a conduit à la demande de cessation de fonction.
Un incident marquant qui a joué un rôle crucial dans cette décision a été la gestion d’une manifestation agricole non déclarée le 11 janvier. Lors de cet événement, « des individus ont soudé des chaînes sur les grilles de la préfecture », ce qui a suscité la réaction du préfet. Ce dernier aurait demandé à la commissaire de disperser les manifestants, instruction qui, selon le communiqué, n'a pas été suivie.
Après plus de trente-six ans au service de la police, Mazin-Bottier avait annoncé son départ à la retraite anticipé le 14 janvier. Ce départ était, selon des sources, prévu pour l'automne 2026.
« On privilégie toujours le dialogue »
Le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) a vivement critiqué cette décision, la qualifiant d'« illégale », « arbitraire » et « méprisante ». Selon eux, cette décision aurait été communiquée par SMS, et ils reprochent au préfet d'« avoir désobéi ».
Frédéric Lauze, secrétaire général du SCPN, a souligné que c’était grâce au « dialogue normal et fluide » établi par la commissaire que la manifestation s'est déroulée de manière pacifique, sans violence ni dégradation. « Les agriculteurs ne sont pas des black blocs, mais des interlocuteurs respectables », a-t-il affirmé, ajoutant que l'effectif de la DDPN, avec seulement dix personnes, ne permet pas une intervention musclée, si nécessaire.
Dans un contexte de tensions croissantes, le syndicat a demandé une réunion avec le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour exposer « la pression » et l'« immixtion de plus en plus forte » de certains préfets dans la gestion du maintien de l'ordre.







