Lors d'une intervention sur CNews, Arno Klarsfeld a suscité une vive polémique en appelant à l'instauration de "rafles" pour arrêter les étrangers en situation irrégulière. Une procédure disciplinaire a été rapidement engagée par le Conseil d'État, comme l'ont rapporté Le Figaro et FranceInfo.
Klarsfeld, fils des célèbres chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld, a évoqué la nécessité de réaliser de grandes opérations pour se débarrasser des obligations de quitter le territoire (OQTF), en prenant exemple sur les méthodes de l’ICE aux États-Unis. "En organisant de grandes rafles, on commet aussi des injustices", a-t-il admis sur la chaîne de Vincent Bolloré.
Procédure disciplinaire
Didier-Roland Tabuteau, vice-président du Conseil d'État, a introduit cette procédure rare pour manquement à la déontologie. Cette commission, qui évalue ces cas, est composée de conseillers d'État et de personnalités nommées par les instances gouvernementales. Les sanctions possibles pour Klarsfeld vont d'un avertissement à une suspension temporaire, voire une radiation.
Lors du débat qui a provoqué cette controverse, Klarsfeld s’est prononcé sur le viol d’une femme à Nice par un Tunisien en situation irrégulière, évoquant la difficulté de gérer une population qu'il qualifie d'"asociale". Il a comparé, sans nuance, la situation aux politiques migratoires de l'ancien président américain Donald Trump, qu'il considère comme un modèle.
Réactions politiques
Ces commentaires ont fait réagir de nombreux politiques, notamment des membres du parti socialiste. Olivier Faure a indiqué qu'il comptait saisir la justice pour discrimination et incitation à la haine. Thomas Portes, de la France insoumise, a également prévu de porter l'affaire devant l'Arcom, le régulateur des médias.
Mathilde Panot, elle aussi indignée, a dénoncé l’ironie des propos de Klarsfeld, descendant de victimes de rafles. "Comment en sommes-nous arrivés là?" a-t-elle questionné, soulignant l'absurde de ses déclarations.
Face à cette levée de boucliers, Klarsfeld a tenté de nuancer ses propos sur X, en affirmant que "rafle" ne doit pas être compris de la même manière dans le cadre d'une opération ciblée contre des criminels, par opposition aux atrocités du passé. Cependant, cette argumentation n'est pas parvenue à apaiser les critiques qui pleuvent sur lui.







