Le tribunal de La Roche-sur-Yon, en Vendée, a examiné ce lundi 16 mars une affaire impliquant un ancien agriculteur de 65 ans, accusé d'avoir mortellement fauché son partenaire de jeu, Christian, le 20 janvier dernier.
Ce soir-là, la partie de belote entre amis s'est terminée de manière inattendue. À Sèvremont, un apéritif bien arrosé a accompagné les cartes, jusqu'à ce qu'un des joueurs, un agriculteur actuellement à la retraite, décide de quitter la soirée au volant de sa voiture.
L’épouse du mis en cause se rend sur les lieux de l’accident
Sur le chemin de retour, l'homme percute un obstacle près du domicile de son partenaire, qui avait déjà quitté la partie. Cet obstacle, c’était Christian Bernard, 62 ans. Selon les informations rapportées par Ouest-France, le suspect aurait ensuite pris la fuite, abandonnant le corps de son ami sur le bas-côté.
Lors de l’audience, ce dernier a plaidé un "choc traumatique" qui aurait altéré sa mémoire. Cependant, les parties civiles avancent des arguments contraires, notamment qu'une heure après l'accident, l'épouse de l'agriculteur est arrivée sur les lieux en pyjama, suggérant qu'il lui avait déjà parlé de la gravité de la situation lors de son retour.
De plus, des débris retrouvés sur la route semblaient correspondre aux dommages sur son véhicule, renforçant ainsi l'hypothèse d'un accident clairement identifiable.
Cinq ans de prison requis
L'avocate de la défense, Me Anne Bayle, a plaidé pour la relaxe, soulignant les manquements dans l'instruction, notamment l'absence d'expertise en accidentologie. Elle a également remis en cause le déroulement de l'interrogatoire initial, mené sans la présence d'un avocat. Pour elle, le dossier repose sur des conjectures quant à la position réelle de la victime au moment de l'impact.
Cependant, la procureure Sarah Huet a rappelé les faits : "Monsieur a franchi le corps de son ami. Il s'est arrêté. Il a regardé sous sa voiture. Il a reconnu le corps. Et il a pris la fuite". Elle a précisé que l'alcool avait joué un rôle clé dans ce drame. Le parquet a requis une peine de cinq ans de prison, dont trois fermes. Le jugement sera rendu le 13 avril prochain.







