Dimanche dernier, le Rassemblement national (RN) a réalisé un coup d'éclat en arrivant en tête dans quatre des huit secteurs de Marseille. Dans le 6e secteur, couvrant les 11e et 12e arrondissements, cette tendance s'affirme particulièrement. Franck Allisio a été élu maire de secteur, mais c'est le candidat Olivier Rioult, encore peu connu, qui a créé la surprise avec 44,1 % des voix.
À ses trousses, Yannick Ohanessian, adjoint socialiste à la tranquillité publique, récolte 26,55 %, tandis que le maire sortant, Sylvain Souvestre, conserve un score faible à 23,35 %. Ce dernier mise sur un retournement de situation en mobilisant les abstentionnistes : près de 38 000 inscrits n'ont pas voté lors du premier tour.
Les préoccupations des habitants, telles que l'isolement, le manque de commerces de proximité et le sentiment d'insécurité, demeurent omniprésentes. Nicole, habitante de ces quartiers, affirme : "On a le sentiment d'être abandonnés, et la ville nous néglige en laissant place aux agences immobilières plutôt qu'à des commerces variés. On regarde les villes voisines avec envie de déménager."
"On a essayé la droite, on a essayé la gauche, résultat pour nous : y a rien !" - Martine
Dans le quartier de La Valentine, le soutien au RN dépasse parfois les 60 %. Les résidents rencontrés ne cachent pas leur choix. Martine, qui a voté RN, souligne que le changement est crucial : "ce qui compte, c’est le changement. On a essayé tout le reste et cela n’a rien amélioré pour nous." Elle ajoute que six ans, cela peut sembler court.
Nicole, sa voisine, abonde dans son sens, plaidant pour une plus grande sécurité et affirmant vouloir voter RN, même sans être certaine du réel impact de ces élus.
Le maire sortant pense pouvoir convaincre les indécis et les abstentionnistes
Sylvain Souvestre, le maire sortant, reste confiant. Il souligne que la mobilisation des abstentionnistes pourrait faire pencher la balance : "Je reçois de nombreux messages de personnes qui, pensant que j'allais gagner au premier tour, n'ont pas voté. Cette élection est marquée par une nationalisation et une bipolarisation orchestrées par des figures comme Franck Allisio et Benoît Payan, ce qui a modifié la dynamique électorale."







