Alors que le droit de vote des femmes a célébré ses 80 ans, le Calvados fait face à une réalité troublante : seulement 23 % de ses maires sont des femmes. Dans les communes de plus de 5 000 habitants, ce chiffre tombe à un alarmant 12 %. Quelles en sont les raisons ? Selon l'historienne Anne-Sarah Bouglé-Moalic, plusieurs facteurs expliquent cette lente avancée.
Depuis l'instauration du droit de vote et d'éligibilité, la participation des femmes aux instances municipales a été faible. Par exemple, lors des élections de 1945, seules huit femmes avaient été élues comme maires dans les 763 communes du Calvados. Ce chiffre n'a guère évolué : en 1957, seulement 13 femmes occupaient un poste de maire.
De nos jours, cette situation soulève de nombreuses questions. Pourquoi, malgré des décennies de lutte pour l'égalité, la représentation féminine demeure-t-elle si faible dans la politique locale ? Les experts pointent du doigt la persistance de stéréotypes de genre et l'absence de soutien structurel pour encourager les femmes à se porter candidates. Comme le souligne l'éducateur public Pierre Dussart, "la visibilité des femmes dans des rôles de leadership est essentielle pour inspirer les nouvelles générations".
En vue des prochaines élections municipales en 2026, une dynamique de changement semble nécessaire. Les partis politiques doivent eux aussi s'engager à promouvoir davantage de candidatures féminines. Comme l'affirme la politologue Christine Baroin, "sans un changement de mentalité au sein des partis, il sera difficile de voir une augmentation significative du nombre de femmes maires".
Pour les citoyens et les citoyennes du Calvados, cette question de la parité est devenue centrale : comment espérer une ville qui les représente pleinement si la moitié de la population est sous-représentée ? Alors que la date du scrutin approche, cette problématique attire de plus en plus l'attention.







