L'historien Jacques Revel, reconnu pour son travail sur l'histoire sociale et culturelle en Europe, notamment en Italie, s'est éteint jeudi 12 mars à l'âge de 83 ans. L'annonce a été faite par l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (Ehess), qui a également souligné son rôle fondamental dans le domaine de la recherche.
Jacques Revel, ancien président de l'Ehess, a commencé sa carrière en 1995 et l'a guidée jusqu'en 2004, laissant derrière lui un héritage durable.
Romain Huret, actuel président de l'Ehess, a déclaré : "Jacques Revel avait pour idéaux les sciences sociales et notre École, 'son École'."
Le président a ajouté que sa passion pour la recherche et son engagement envers l'établissement ont été non seulement remarquables mais inspirants. "Il a constamment milité pour que l'Ehess reste fidèle à son esprit et à ses ambitions intellectuelles", a-t-il précisé.
Une carrière riche en publications et en initiatives
Reconnecté avec l'histoire de l'Italie et fort de ses séjours à Rome et New York, Jacques Revel a été le directeur de la célèbre revue Annales, un pilier pour la recherche en histoire. Ses nombreux livres, y compris Logiques de la foule et Fernand Braudel et l'histoire, témoignent de son approche dynamique et rigoureuse de l'historiographie.
Son dernier ouvrage, Penser global? Huit variations sur un thème, publié en 2024, illustre sa recherche constante de nouvelles formes d'analyse et d'interprétation historique. Avec André Burguière, il a également dirigé L'Histoire de la France en quatre volumes, marquant ainsi son influence sur plusieurs générations d'historiens.
Son décès laisse un vide immense au sein de la communauté académique, mais son héritage vivra à travers les nombreuses œuvres et les étudiants qu'il a inspirés. Comme l'a noté une autre voix de l'Ehess, "il a su convaincre de l'importance de l'histoire et de la micro-histoire dans notre compréhension de l'humanité".







