REPORTAGE. Derrière des déguisements colorés, le carnaval de la Plaine se transforme en un terrain d'expression politique où la contestation se mêle à l'excès. Les participants affichent une haine ouverte pour l'État, mêlant célébration et chaos.
Cours Julien, Marseille 6ème. À 17 heures, la 27ème édition du carnaval indépendant de La Plaine bat son plein. À la sortie du métro Notre-Dame-du-Mont, l'ambiance est immersive. Un carnavalier, recouvert de farine et visiblement enivré, saute sur le grillage de la station, provoquant un mélange d'inquiétude et d'amusement parmi les passants.
Il ne faut pas longtemps pour être plongé dans l'atmosphère particulière de cet événement. Les rues sont jonchées de déchets, et les déguisements se veulent originaux : t-shirts noirs décorés de rubans adhésifs jaunes, gaine en zinc en collier, et blousons punk. Alors que la majorité des carnavaliers se livrent à la fête, un accessoire se démarque : le pétard.
En toute illégalité
Pour apprécier le Carnaval de la Plaine, il faut avoir un faible pour le cannabis ou, au moins, ne pas être dérangé par sa consommation. L'odeur de la marijuana est omniprésente, accompagnée d'une ambiance d'ivresse ambiante. Malgré un décret préfectoral interdisant la vente d'alcool, les bars du coin restent ouverts, proposant boissons fortes et cocktails improvisés.
Ce carnaval évoque davantage un espace de transgression qu'une célébration innocente. Les messages politiques saturent les lieux, avec des pancartes telles que "ACAB" ou "Éclate ton facho préféré" brandies avec fierté. Une représentante de la trentaine, avec une frange audacieuse, porte un autocollant antifa en signal fort de sa position.
Sur la place Jean-Jaurès, la situation est similaire, mais augmentée des flammes d’un brasier nourri de débris. Des participants souhaitent qu’il brûle le plus haut possible, avec une insouciance frappante face aux risques d’un tel comportement. Certaines personnes s'amusent même à lancer des pétards au sein des flammes, générant des explosions qui attirent une foule curieuse.
Malheureusement, les comportements inappropriés vont de pair avec des pratiques plus désagréables. Les urinoirs publics, souvent hors d’usage, sont détournés, et il n'est pas rare de croiser des circonstances inopportunes sur les rues environnantes. La délinquance, l'alcool et les détritus en disent long sur cette tradition cabossée. Un collectif de riverains s’est formé pour dénoncer ce spectacle chaotique et interpeller les autorités, mais jusqu'à présent, sans succès.
Selon des témoignages recueillis par Valeurs actuelles, même la police se dit déconcertée devant cette fête illégale. "Nous ne sommes pas là pour réprimer, mais pour protéger", déclare un agent abattu par le manque de respect auquel il est confronté.
Ce carnaval, toléré par la mairie et les autorités, soulève des questions sur l’acceptation d’une telle anarchie. "Benoît Payan soigne son électorat", observe une source policière, ajoutant que les participants sont principalement de gauche, renforçant une relation problématique entre la fête et la politique marseillaise.
Chaque année, les dégât coûteraient des milliers d’euros, et avec un nombre croissant de participants — 14 000 cette année contre 13 000 en 2025 — le chaos semble plus ancré que jamais dans cette tradition. À quel prix ? Les nombreuses voix s’élèvent en prévision de la prochaine édition.







