Une récente étude réalisée en Autriche a mis en lumière les effets du sucralose sur la santé intestinale. Cet édulcorant artificiel, souvent vanté comme une alternative au sucre, suscite de nombreuses interrogations.
Qu'est-ce qu'un édulcorant ?
Les édulcorants sont des substances destinées à apporter une saveur sucrée aux aliments et boissons avec peu ou pas de calories. Ils se divisent en deux catégories : les édulcorants naturels, comme la stévia, et les édulcorants artificiels, issus de transformations chimiques. Le sucralose, en particulier, est synthétisé à partir du sucre et est environ 600 fois plus sucré que le saccharose.
On le retrouve dans divers produits alimentaires, que ce soit des boissons light, des desserts sans sucre ajoutés ou même dans certaines conserves. Sur les étiquettes, il est identifiable par le code E955.
Pouvoir sucrant et calories : un coup d'œil comparatif
Les édulcorants artificiels présentent un avantage indéniable : leur intensité sucrante bien supérieure à celle du sucre, sans le même apport calorique. Par exemple :
- Aspartame : 200 fois plus sucré que le sucre, avec 4 kcal/g.
- Sucralose : 600 fois plus sucré que le sucre, 0 calorie.
- Stévia : 200 à 300 fois plus sucrante, 0 calorie.
Malgré ces évidentes propriétés, leur impact sur la santé demeure un sujet de débat intense.
Comparaison entre édulcorants : que privilégier ?
Le sucralose, étant le plus sucré des trois, présente l'avantage d'être adapté à la cuisson, contrairement à l'aspartame et à la stevia. Toutefois, tous ces édulcorants ne contiennent aucune calorie et ne semblent pas augmenter le risque de caries dentaires. Néanmoins, la stevia a une saveur de réglisse qui ne plait pas à tous.
Les risques associés aux édulcorants
Depuis plusieurs années, les édulcorants artificiels font l'objet d'études approfondies. Leur utilisation croissante soulève des préoccupations quant à des risques potentiels pour la santé, tels que les maladies cardiovasculaires et le cancer. Par conséquent, les chercheurs de l'Université de Vienne se sont penchés sur le sucralose pour déterminer s'il constituait une alternative viable pour ceux désirant perdre du poids.
Sucre versus sucralose : quel est le verdict ?
Le sucralose a été découvert à la fin des années 1970 et a obtenu son autorisation en France en 2005. Longtemps considéré comme sans danger, des études récentes évoquent des effets néfastes sur le microbiote. Une recherche publiée dans le Journal of Toxicology and Environmental Health en mai 2023 a révélé que le sucralose-6-acétate, un sous-produit du sucralose, pourrait endommager l'ADN et favoriser des inflammations intestines.
À l'inverse, une étude plus récente suggère que le sucre pourrait avoir un impact plus néfaste sur la santé intestinale que le sucralose.
Que révèlent les études récentes sur le sucralose ?
Les recherches continuent d'éclaircir la question de la sécurité du sucralose, en pointant divers risques potentiels :
- Risque accru de cancer : Des études sur des souris montrent une augmentation de l'incidence des tumeurs.
- Impact sur la santé cardiovasculaire : Une étude portant sur plus de 100 000 adultes a mis en relation la consommation d'édulcorants avec des problèmes cardiovasculaires.
- Effets en grossesse : Une étude a suggéré que le sucralose pourrait influencer le poids et la santé métabolique des nouveau-nés.
- Impact sur le système immunitaire : Des recherches chez les souris indiquent que le sucralose pourrait réduire la prolifération des lymphocytes T.
Le sucralose et la glycémie
Les études sur l'impact du sucralose sur la glycémie fournissent des résultats contrastés. Généralement, pour les individus en bonne santé, le sucralose semble n'avoir aucun effet sur la glycémie. Cependant, chez les personnes en surpoids ou avec une résistance à l'insuline, son effet pourrait être plus complexe, impactant potentiellement la réponse insulinique.
De plus, l'Organisation Mondiale de la Santé souligne que la consommation d'édulcorants pourrait favoriser le développement du diabète de type 2.
Le goût de l'avenir : quelle alternative ?
Aucune étude ne démontre qu'un édulcorant est meilleur qu'un autre. Ce qui semble préoccupant, c'est surtout la fréquence de consommation des produits édulcorés. Une étude de l'Inserm a même montré que ceux qui consommaient régulièrement des édulcorants étaient plus à risque de développer des cancers.
Actuellement, la dose journalière admissible de sucralose est fixée à 15 mg/kg de poids corporel/jour dans l'Union européenne, tandis qu'aux États-Unis, la limite est plus stricte à 5 mg par kilogramme.
Edulcorants à éviter
Certains édulcorants demeurent plus controversés en raison de leurs effets indésirables :
- Acésulfame potassium (E950)
- Aspartame (E951)
- Acide cyclamique (E952)
- Saccharine (E954)
- Sel d’aspartame-acésulfame (E962)
D'autres, comme le sucralose et l'érythritol, pourraient être considérés comme plus sûrs, à condition d'en limiter la consommation.
Sources :
- Acute Intake of Sucrose but Not of the Intense Sweetener Sucralose Is Associated with Post-Prandial Endotoxemia in Healthy Young Adults, Nutrients, septembre 2023
- Toxicological and pharmacokinetic properties of sucralose-6-acetate and its parent sucralose: in vitro screening assays, Journal of Toxicology and Environmental Health, mai 2023.
- Artificial sweeteners and risk of cardiovascular diseases: results from the prospective NutriNet-Santé cohort, BMJ, septembre 2022.
- Sans sucres... mais pas anodins pour la santé, Que Choisir, octobre 2018.







