Cette année, la zone euro est confrontée à une contraction de sa croissance économique et à une inflation galopante, incitant la Banque centrale européenne (BCE) à envisager une augmentation de ses taux d'intérêt. Dans son rapport publié mardi, le Fonds monétaire international (FMI) souligne que même si les tensions liées au conflit en Iran diminuent, les effets économiques délétères se poursuivront. Le FMI estime que la croissance devrait tomber à 1,1 % cette année, après un chiffre de 1,4 % en 2025, ce qui est en deçà de la prévision initiale de 1,3 % faite en janvier. Selon des analystes, cette situation est exacerbée par la dépendance du bloc aux importations énergétiques. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a également signalé une prévision d'une croissance de seulement 0,9 % pour cette année.
"L'impact des conflits internationaux, couplé à l'augmentation des coûts énergétiques depuis l'invasion ukrainienne, pèse lourdement sur le secteur manufacturier," explique le FMI.
La hausse des dépenses en défense pourrait apporter une petite bouffée d'oxygène à l'économie, mais l'effet positif pourrait se faire sentir bien plus tard, étant donné que la progression reste lente. Dans le même temps, le FMI prévoit que l'inflation atteindra 2,6 % d'ici 2026, en hausse par rapport à 2,1 % l'année précédente.
Des perspectives incertaines pour la BCE
Pour contrer cette inflation, le taux de dépôt de la BCE, actuellement fixé à 2 %, pourrait connaître une augmentation de 50 points de base au cours de l'année, selon les prévisions du FMI. Les investisseurs anticipent déjà une telle hausse d'ici juin, espérant que la BCE enverra un signal fort contre la propagation de l'inflation au-delà du secteur énergétique.
Des scénarios plus pessimistes ont également été élaborés par le FMI, illustrant les impacts potentiellement dévastateurs du conflit au Moyen-Orient sur la croissance mondiale et l'inflation. Les experts avouent craindre que, sans interventions appropriées, l'économie de la zone euro puisse connaître une spirale inflationniste difficile à contenir.







