Face à la hausse continue des prix des carburants, le ministre Sébastien Lecornu examine la possibilité d'un plafonnement des marges pratiquées par les distributeurs. Un projet qui pourrait concerner tous les Français, alors que certains automobilistes affichent des pleins dépassant les 100 euros.
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Matignon envisage une mesure inédite : limiter les marges des stations-service lorsque le prix des carburants atteindrait certains seuils. Pour de nombreux conducteurs, cette initiative arrive à point nommé. "Il faudrait que le prix descende en dessous des 2 euros, comme avant les conflits en Ukraine. Maintenant, je paie 2,25 euros pour le diesel", observe un automobiliste. "C'est une vraie galère pour aller travailler, c'est inacceptable! Les marges sont exorbitantes!"
Le gouvernement a développé une stratégie : dès que le prix à la pompe dépasse 1,71 euro, il pourrait recourir à l'encadrement des marges des distributeurs. À noter que cette mesure ne toucherait pas aux taxes, ce qui soulève des interrogations. Les chiffres montrent qu’en février, le gazole s’établissait à 1,70 euro le litre avec une marge de 28 centimes, tandis qu’aujourd’hui le litre est à 2,31 euros avec une marge à 27 centimes, rendant la mesure presque inefficace pour les automobilistes.
L'opposition s'exprime
Lors d'une récente session à l'Assemblée nationale, les critiques n'ont pas tardé. "La réduction de la marge ne se traduira que par un centime de moins. Qui peut s'en satisfaire ?!", s'insurge Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national. "Le gouvernement laisse les Français dans la tourmente sans vraie solution." De son côté, Aurélie Trouvé, députée La France insoumise, a ajouté: "Cette initiative n'est qu'un écran de fumée alors que les citoyens sont acculés."
Cependant, du côté de la majorité, l’objectif est de poser un geste, même symbolique. "Il est crucial de garantir que personne ne profite de la situation pour augmenter ses marges, afin d'atteindre un prix juste à la pompe. Mais le prix du carburant demeure tributaire des fluctuations internationales," explique Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance. Le ministère se penche encore sur la possibilité de publier ce décret pour limiter les prix de quelques centimes, bien que les avis divergent quant à son efficacité.







