Une récente étude de Greenpeace, publiée le 21 mai, met en lumière les repas des cantines scolaires. La présence systématique de protéines animales soulève des inquiétudes. Quels sont les véritables besoins nutritionnels des enfants ? Une transition vers un régime végétarien est-elle envisageable ?
Greenpeace, dans son enquête parue le 21 mai, souligne que 69% des enfants scolarisés n'ont pas accès à des menus végétariens dans les cantines. De plus, les portions de protéines servies dépasseraient les recommandations émises par l'ANSES. Dans le cadre de la nouvelle loi sur l'alimentation, dont l'examen débutera à l'Assemblée nationale le 11 juin, Greenpeace propose d'intégrer au moins deux repas végétariens chaque semaine dans les cantines.
"Aujourd'hui, les jeunes consomment des protéines en excès par rapport à leurs besoins fondamentaux," explique Sarah José, diététicienne-nutritionniste. "Cependant, pour certains enfants, la cantine reste une source d'alimentation équilibrée, surtout pour ceux qui n'ont pas d'accès régulier à la viande ou au poisson," rappelle-t-elle.
Végétarisme et risques de carences
Le végétarisme peut être géré chez les enfants, mais le véganisme présente des dangers nutritionnels importants, car il exclut toutes les sources animales nécessaires à leur croissance. Ainsi, il est fortement déconseillé par des spécialistes en nutrition.
Jusqu'à 12 ans, l'enfant devrait consommer environ dix fois son âge en grammes de protéines. Par exemple, à 8 ans, il lui faudrait environ 80 grammes de protéines quotidiennes. "Trois repas contenant du poisson et quatre œufs par semaine sont idéaux. Les jours restants peuvent inclure de la viande, en variant les types," précise Corinne Chicheportiche-Ayache, médecin-nutritionniste.
Bien que l'enfant puisse grandir avec un régime végétarien, il est crucial de rester vigilant face aux risques de carences, notamment en vitamine B12, indispensable à la formation des globules rouges. Il est recommandé qu’un enfant végétarien soit suivi médicalement pour prévenir toute carence.
Alternatives aux protéines animales
Il est courant que les jeunes refusent les légumes secs; cependant, ceux-ci peuvent efficacement remplacer les protéines animales. Un plat équilibré sans viande doit associer féculents, légumes, légumineuses et oléagineux, en adaptant les quantités à l'âge et au poids de l'enfant.
"La présentation des plats joue un rôle clé," souligne Corinne Chicheportiche-Ayache. Pour séduire les plus jeunes, il est possible de mélanger purée et lentilles, pâtes, légumes et pois chiches, agrémentés d'oignons et d'épices. Cela pourrait inciter les enfants à apprécier ces alternatives, un vrai défi pour les gestionnaires de cantine si la proposition de Greenpeace est adoptée.
Préparer les parents et les professionnels
"Les parents doivent bien comprendre le régime végétarien avant de le proposer à leurs enfants," met en garde la nutritionniste. Il en va de même pour les professionnels de la restauration collective. Sarah José alerte également : "Ne contrariez pas les goûts de l'enfant; s'il souhaite consommer de la viande occasionnellement, cela pourrait engendrer des troubles du comportement alimentaire."
Il n’est pas recommandé d’imposer un régime restrictif à un jeune âge. Un adulte végétarien a généralement consommé des protéines animales durant sa croissance. Il est imprudent d'en priver sa descendance. Avant d'adopter une alimentation restrictive, il est essentiel de s'informer pour garantir aux enfants un apport nutritionnel complet.







