La cour d’assises a rendu un jugement en deçà des réquisitions du parquet général lors d'un procès marquant pour un double meurtre à Marseille, acquittant Amine Oualane pour manque de preuves. Au terme de ce long procès, les magistrats ont évité de céder à la pression.
Au palais Monclar d'Aix-en-Provence, le climat était plus serein à l’annonce du verdict, après trois semaines de tensions intensifiées. Les juges, après six heures de délibération, ont répondu aux 31 questions posées concernant le double meurtre de l’hôtel Formule Un de Plan de Campagne, lié à une rivalité entre narcotrafiquants. Cette affaire a permis l'émergence d'une organisation aujourd'hui omniprésente : la DZ mafia.
À la surprise générale, la cour n’a pas retenu les demandes du parquet qui plaidait pour la réclusion à perpétuité pour trois des accusés. Seuls les deux tireurs ont été considérés comme les véritables auteurs du crime, tandis qu'Amine Oualane a été acquitté, jugé exsangue de preuves à son encontre.
Un acquittement surprenant
Amine Oualane, décrivant la situation comme celle d’un costume trop grand pour lui, a exprimé sa satisfaction. Son avocate, Me Inès Médioune, a souligné que les 18 ans de réclusion requis étaient une« justification d'exception » face à la pression médiatique et judiciaire. « La cour n’a pas cédé à cette manipulation », a-t-elle déclaré.
De son côté, Gabriel Ory, supposé traître, a été condamné à 25 ans de prison, tandis que le commanditaire du meurtre, Karim Harrat, et l’exécutant, Walid Bara, ont vu leur sort semblablement tranché, malgré un mandat d’arrêt contre Bara.
La défense face à des preuves contestées
Bien que la défense ait tenté de discréditer les témoignages, le principal témoin, Driss Oualane, a vu ses assertions partiellement validées par la cour. Amine Oualane lui avait même lancé un glaçant « longue vie à toi ! » suite à son témoignage, consolidant un climat tendu dans le box.
L'analyse morphologique des suspects, réalisée par des experts, a indiqué que les silhouettes des tireurs correspondaient à celles de Zaineddine Ahamada et Adrien Faure, augmentant le poids des preuves contre eux. Finalement, Ahamada a écopé de 25 ans et Faure de 15 ans, des peines que certains avocats jugent trop clémentes.
Des parties civiles en émoi
La réaction des parties civiles a été forte. Me Christine d’Arigo, représentant Gabriel Ory, a questionné la solidité des preuves, ajoutant une dimension politique à cette affaire. Zaineddine Ahamada, quant à lui, a dénoncé l’instrumentalisation politique de cette affaire.
Dans la salle d’audience, une sœur de la victime a exprimé son indignation, regrettant que les peines n’aient pas été plus sévères. Elle a toutefois affirmé qu’elle resterait vigilante face à l’évolution du procès.
Amine Oualane et Karim Harrat seront bientôt à nouveau jugés pour un autre meurtre, celui de Brahim Kessaci : une nouvelle affaire qui ravive des tensions dans le climat judiciaire marseillais. Et alors que les forces de l'ordre finalisent leur déploiement sécuritaire, la résonance de ce procès laisse déjà entrevoir d'autres batailles à venir.







