Trois individus se retrouvent ce jeudi 16 avril devant le tribunal correctionnel d’Avignon, confrontés à des accusations graves liées à des agressions homophobes. Leur modus operandi consistait à créer de faux profils sur des plateformes de rencontres, comme Grindr, pour attirer des victimes dans des lieux isolés, où ils les agressaient physiquement.
Les agressions dont ils sont accusés sont marquées par une extrême brutalité, animées par une homophobie manifeste. Les prévenus, dont l’âge varie entre 24 et 32 ans, étaient en quelque sorte des « chasseurs » de proies, ciblant des hommes homosexuels aux abords de la ville.
Au cœur de l’affaire, cinq victimes ont été répertoriées, parmi lesquelles figurent trois frères, tous résidence à Entraigues-sur-la-Sorgue et Avignon. Les prévenus ont, durant le procès, exprimé un dégoût pour l'homosexualité, arguant qu'ils « n'aiment pas les pédophiles » et véhiculant la croyance que « tous les pédés sont des pédophiles, qui devraient être punis ».
Ce discours inquiétant reflète une idéologie antiféministe et masculiniste, comme le mentionne le procureur Nicolas Delpierre dans La Provence. Au tribunal, l’un des prévenus a révélé que ses actes étaient fortement influencés par une rhétorique « masculiniste » qu’il avait rencontrée sur les réseaux sociaux. La dangerosité de ce phénomène ne peut être sous-estimée, comme l’indique la sociologue Camille Berthold lors d'une intervention dans France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Selon Maître Isabelle Cuilleret, l’avocate des victimes, ces jeunes hommes ont été manipulés par des influenceurs sur TikTok ou YouTube, qui promeuvent une idéologie de haine à l’encontre des personnes LGBT. Elle souligne la nécessité de protéger la société de ces discours, affirmant : « Tout le monde n'est pas présent au procès. J'aimerais que l'on mette ces influenceurs face à leurs responsabilités. »







