Une étude récente menée par Ifop pour l'association Dons Solidaires met en lumière une réalité préoccupante : près de 4 millions de Français évitent l'achat de produits d'hygiène indispensables en raison de contraintes budgétaires. Ce nombre a connu une augmentation de 30% depuis 2019.
Le baromètre révèle que 60% des familles monoparentales affirment restreindre leurs achats d'hygiène, contre 43% au niveau national. Les travailleurs précaires se sentent particulièrement vulnérables face à cette situation : un sur deux admet éprouver des craintes liées à leurs dépenses, et 42% avouent avoir dû prioriser entre la nourriture et les produits hygiéniques.
Dans une épicerie solidaire à Saint-Ouen, en région parisienne, de nombreuses personnes défilent pour se procurer de l'alimentation et des produits d'hygiène à des prix réduits. Une mère de famille témoigne : "Les produits d'hygiène, c'est essentiel pour moi, mais ils deviennent hors de prix, même dans les supermarchés". Elle ajoute, "Je travaille, mais mon salaire ne couvre pas toutes mes dépenses".
Roger, un artisan retraité, fait également part de sa réalité. "Avec moins de 1.000 euros de pension, avoir une petite retraite signifie être dans le besoin". Sa chariot de courses inclut des articles d'hygiène mixés avec des fruits et légumes, illustrant un équilibre difficile à atteindre dans ce contexte économique tendu.
Ces témoignages soulèvent des interrogations sur l'accès aux produits de première nécessité dans un pays où la richesse est largement inégalement répartie. Des experts penchent sur la nécessité d'une action sociale plus robuste pour lutter contre la précarité hygiénique, car elle touche non seulement la santé physique mais également le bien-être mental des individus.







