Les médecines traditionnelles, telles que la médecine chinoise, indienne ou tibétaine, reposent principalement sur des plantes sauvages. Alors que la demande explose, une question se pose : comment garantir la durabilité de ces ressources précieuses sans porter atteinte aux écosystèmes ?
Un marché en pleine croissance : l'essor des plantes médicinales
Au niveau mondial, environ 60 000 plantes à fleurs sont recensées pour un usage médical, dont 28 000 bien documentées. Toutefois, près de 15 000 d'entre elles sont aujourd'hui menacées d'extinction. Le marché des plantes aromatiques et médicinales est largement alimenté par des ressources sauvages, représentant entre 60% et 90%, un chiffre alarmant dans un contexte où la demande augmente de 8 à 15% par an.
Des organismes comme TRAFFIC soulignent la pression croissante sur ces plantes médicinales, due à divers facteurs :
- Une promotion effrénée des produits naturels sans vérification rigoureuse.
- Un intérêt grandissant pour des remèdes à base de plantes contre la Covid-19, souvent non prouvés.
- Une pauvreté accrue dans certains pays, incitant les populations à cueillir ces plantes pour survie.
Ces dynamiques provoquent des récoltes souvent inappropriées, nuisant ainsi à la qualité et à l'environnement.
Les défis de la médecine traditionnelle chinoise
La pharmacopée chinoise s'appuie sur une variété impressionnante de plantes sauvages, mais sa réputation est entachée par des pratiques non durables. La pandémie de coronavirus a souligné les lacunes de cette approche, où la traçabilité des plantes médicinales est souvent compromise, les analyses révélant des contaminations aux métaux lourds et autres substances indésirables.
La Chine, tout en important des plantes de pays voisins comme le Tibet et la Mongolie, exporte également vers l'Europe sans se soucier des conséquences environnementales. La médecine chinoise est souvent soutenue par des recherches douteuses, posant question sur sa fiabilité.
Les médecines indiennes et tibétaines en péril
La médecine indienne, notamment l’ayurvéda, connaît également une demande croissante. Les ressources, bien que considérables, sont mises à rude épreuve, avec près de 90% des plantes menaçant leur biodiversité, telles que la réglisse et le bacopa. Comme en Chine, l’Inde se tourne vers le Népal pour ses ressources, compromettant également son écosystème.
La médecine traditionnelle tibétaine subit une pression similaire. À mesure que les plantes à haute altitude deviennent rares, les populations locales risquent de perdre leurs pratiques ancestrales. Plutôt que d'acheter ces ressources, l'accent devrait être mis sur la préservation de leur environnement naturel.
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* Editions Terre vivante – 224 pages – 4 octobre 2021 – 21 €







