En hiver, les températures chutent, permettant au jardin de se rétablir en éliminant divers parasites et ravageurs. Cette saison est également capitale pour la dormance des végétaux. Grâce à ce repos hivernal, le jardinier peut planifier sereinement ses futures plantations, que ce soit pour son potager ou pour ses espaces ornementaux. Néanmoins, l'entretien du sol pendant cette période, surtout lorsqu'il est gelé, doit être limité à des cas précis.
Quand travailler un sol argileux humide
Après un automne trop pluvieux, il arrive que la terre argileuse devienne trop collante pour être travaillée. Si une légère gelée de -3 à -4°C intervient, la surface pourrait devenir suffisamment ferme pour intervenir sans que la terre ne soit trop collante. Dans ce contexte, les actions à privilégier consistent principalement à éliminer les mauvaises herbes qui ont poussé et faire remonter à la surface des parasites. Ces derniers seront alors exposés à la rigueur du froid, ce qui leur sera fatal, ou seront récupérés par des oiseaux en quête de nourriture.
Ce travail doit se faire à la fin de l'hiver, durant les journées ensoleillées, afin de permettre à la terre légèrement retournée de sécher au soleil avant de se lancer dans les semis dès février ou mars.
Semis et récoltes en hiver
Les légumes d'hiver demandent des semis dès le printemps ou l'été, afin d'aboutir à une récolte en hiver. À l'inverse, certains légumes, tels que les oignons, échalotes et ail, doivent être semés en sortie d'hiver, selon les climats. Ainsi, dans les régions au temps clément, il est possible de planter dès février, mais il faut attendre mars dans d'autres zones. Les semis de légumes primeurs peuvent également être préparés.
Désherber et aérer le sol
Lorsque les légumes d'hiver ne nécessitent que peu de soins, des adventices peuvent néanmoins continuer de croître. Cela nécessite un désherbage régulier afin d'éviter qu'elles ne nuisent aux cultures. Cela peut être réalisé en binant pour extraire les racines des mauvaises herbes.
Pour le jardinier désireux d'aménager un espace auparavant emprunté, il est recommandé de percer des trous dans un sol tassé durant un petit gel de -3 à -4°C plutôt que de le retourner. Cela assurera une meilleure circulation de l’eau sans nuire à la vie du sol. Épandre du compost ou de la matière organique après cette opération facilitera le futur travail du sol au printemps.
Les dangers d’un travail excessif
Il est essentiel de limiter le travail du sol pendant l’hiver. Les méthodes traditionnelles de bêchage et de labour peuvent avoir des effets néfastes sur la biodiversité du sol, comme le souligne Marc-André Selosse, professeur au Muséum national d'Histoire naturelle. Les pratiques agricoles modernes doivent donc être repensées pour protéger l'intégrité de notre écosystème.
Il est également primordial d'éviter les travaux lourds en hiver, car de nombreux petits animaux, comme les hérissons et les coccinelles, hibernent à proximité de ces zones. Déplacer des pierres ou du bois mort peut les perturber, voire conduire à des pertes d'auxiliaires précieux pour le jardin. Rester au chaud en hiver peut parfois être la meilleure solution pour préserver la biodiversité.







