Jeudi, cinq femmes ont décidé de porter un affrontement judiciaire contre l'État, qualifiant le ministère de la Culture d'inactif aux accusations visant Christian Nègre, un ancien haut fonctionnaire accusé d'avoir drogué près de 250 femmes pour les forcer à uriner en sa présence. Cette affaire soulève des interrogations sur la responsabilité des institutions face à des actes de prédation aussi choquants.
Au cours de l'audience, les avocates des plaignantes ont réclamé des compensations variant de 90 000 à 180 000 euros. Cependant, la rapporteure a suggéré un montant bien inférieur, estimant que le comportement de Nègre était une « faute personnelle », et qu'il ne fallait pas imputer la responsabilité aux autorités. En plus d'une indemnisation de 10 000 euros pour préjudice moral, elle a préconisé 1 000 euros pour les « difficultés » de la vie quotidienne, telles que le manque de confiance en soi.
« Ce ne sont pas des blagues, mais des violations de l'intimité de femmes », a affirmé Maître Lisanne Chamberland-Poulin, qui dénonce la méthode de Nègre comme étant non seulement immorale mais aussi facilitée par les ressources fournies par le ministère. « Il faut adopter une approche systémique de ses actes », a ajouté Me Capucine des Ligneris, soulignant la régularité et le nombre de victimes sur plusieurs années.
Une souffrance bien réelle
Assistante de la justice aux victimes, Caroline Darian, cofondatrice de l'association « M’endors pas », a critiqué la gestion de cette affaire. « Dix années de désespoir et d'errance », a-t-elle déclaré en faisant référence aux années où les victimes ont dû rassembler leur courage pour dénoncer ces abus. Les répercussions psychologiques des événements sont indéniables ; certaines témoins ont évoqué la humiliation éprouvée.
Découvrons le récit poignant de Sylvie Delezenne, 45 ans, dont la carrière a basculé après une rencontre avec Nègre. En 2015, ce dernier lui avait proposé un accompagnement professionnel, la conduisant au ministère, où elle s'est retrouvée piégée. « J'ai uriné dans un tunnel », se souvient-elle, ajoutant qu'il l'a réprimandée pendant cette situation humiliante. « Le ministère aurait dû agir pour prévenir ces abus », conclut-elle.
Vers une prise de conscience
Alors que les plaidoiries se poursuivent, le ministère de la Culture s'est abstenu de commenter les événements. L'intersyndicale des agents a néanmoins exprimé son soutien aux victimes. D’un côté comme de l’autre, l'issue de cette procédure pourrait redéfinir la manière dont la société traite ces cas d'abus. Fin 2026, la clôture des enquêtes pénales sur les agissements de Nègre devrait offrir des réponses aux nombreuses voix qui se sont élevées pour demander justice.







