Chaque semaine, un membre du gouvernement est questionné sur la possible révision, voire l'absence d'augmentation des pensions de retraite prévue pour le 1er janvier 2025. Cette hypothèse émerge comme une option pour réduire les dépenses publiques face à un budget de plus en plus contraint.
Sous-indexation : qu'est-ce que cela signifie vraiment ?
Depuis le début de l'année 2024, un constat alarmant se dessine : un déficit de 20 milliards d'euros se profile dans les finances publiques, bien au-delà des estimations initiales. Cela soulève la question : le gouvernement optera-t-il pour une revalorisation des retraites en dessous de l'inflation ? Une désindexation implique que les pensions ne suivent pas la hausse des prix, ce qui pourrait entraîner un gel des retraites pour 2025.
En janvier 2024, les retraites avaient été revalorisées de 5,3 % pour s'adapter à l'inflation mesurée par l'INSEE. En 2023, la modification avait été de 0,8 % en raison d'une anticipation gouvernementale de l'inflation. Ce futur gel pourrait affecter de manière significative les retraités s'il est mis en œuvre.
Une sous-indexation envisagée par le gouvernement ?
Lors d'une interview le 3 juin, Gabriel Attal a nié tout plan caché de sous-indexation pour janvier 2025, tout comme Roland Lescure lors d'une récente session à l'Assemblée. Cependant, Bruno Le Maire a laissé planer le doute, soulignant que "le budget 2025 est à concevoir et qu'aucune décision définitive n'a été prise".
Cette tendance inquiétante ne sort pas de nulle part. Thomas Cazenave, ministre délégué aux Comptes publics, avait reconnu un manque de 10 milliards pour le budget 2024 et 20 milliards pour 2025, dont 14 milliards pour la revalorisation des retraites. La crainte d'une décision impopulaire est réelle, surtout dans la perspective des élections européennes prochainement.
Arguments pour ou contre la sous-indexation
Il serait imprudent d'ignorer la possibilité d'une telle option. Emmanuel Macron a réprimandé son ministre, mais le fond du sujet demeure. De nombreux économistes suggèrent que des économies doivent être réalisées, appelant à une mesure modulable en fonction des ressources des retraités. Ils rappellent d'ailleurs qu'une sous-indexation en 2019 avait conduit à une économie de près de 3 milliards d'euros.
Certains plaident pour une désindexation ciblée, affectant seulement les pensions supérieures à 4000 euros. Un collectif d'économistes a recommandé de ne pas revaloriser les retraites les plus élevées tout en protégeant les plus modestes. Alors que l'inflation prévues cette année semble plus modérée, la question de l'équité intergénérationnelle se pose : devrait-on privilégier les jeunes dans les priorités budgétaires ?
Si le gouvernement décide d’agir, il pourrait s'inspirer d'anciens précédents de gel ou de sous-indexation, déjà expérimentés lors des années passées. Il reste à voir comment et quand ces décisions seront communiquées aux citoyens.







