Le Liban vit une crise sans précédent alors que l'exode des habitants se poursuit inéluctablement. Beyrouth, la capitale, devient un refuge saturé pour un nombre croissant de déplacés. Les autorités locales, déjà préoccupées, redoutent une catastrophe humanitaire imminente.
Chaque jour, de nouvelles familles affluent vers Beyrouth, échappant aux violents bombardements qui secouent bien des régions. Najwa Almawi, une mère de famille ayant fui la banlieue sud, interroge avec angoisse : "Qu'est-ce qu'on doit faire ? Où pourrait-on aller ?" Un cri du cœur pour ses enfants, qu'elle veut protéger à tout prix.
Le décompte des déplacés vient de dépasser le million au Liban. Les menaces persistantes d'opérations militaires israéliennes dans le sud alimentent cet exode. Le grand stade de Beyrouth sert de refuge, mais sa capacité est largement insuffisante. Zeinad Farran, une femme déplacée de la région de Tyr, se souvient de la difficile arrivée : "Je leur ai dit qu'on n'en pouvait plus. On est en danger de mort. On attend votre appel. Vous voulez qu'on meure sous les bombes ?"
La crainte d'une opération terrestre d'ampleur
Les déplacés vivent dans la peur constante d'un conflit qui pourrait s'intensifier. "Bien sûr, on a peur de ne pas pouvoir revenir chez nous. On va rester dans une tente ? Qui peut accepter ça ?" s'inquiète Ismael Salim Farran, originaire de Tyr. La dignité humaine est mise à l'épreuve dans cette quête désespérée de sécurité.
Actuellement, le stade de Beyrouth a une capacité d’accueil d'environ 1 000 personnes, mais les responsables s’efforcent activement d’augmenter cet espace pour répondre à l'afflux croissant. "C'est une nouvelle crise humanitaire qui frappe le Liban, un pays épuisé par des années de lutte contre une crise économique et des conflits successifs, dont les cicatrices demeurent visibles", souligne Marc de Chalvron, envoyé spécial à Beyrouth. Les vies continuent de se reconstruire dans la tourmente, mais pour combien de temps encore ?







