Gerry Adams face à la justice : un déni d'appartenance à l'IRA

L'ex-leader du Sinn Fein se défend de toute responsabilité dans les attentats de l'IRA.
Gerry Adams face à la justice : un déni d'appartenance à l'IRA
©Toby Shepheard, AFP - Gerry Adams quitte la Haute Cour de Londres, le 12 mars 2026

L’ancien dirigeant du Sinn Fein, Gerry Adams, a démenti, lors d’une audience à la Haute Cour de Londres, toute affiliation à l’Armée républicaine irlandaise (IRA). Le procès, qui a débuté ce mardi, est le premier pour le vétéran politique irlandais de 77 ans devant un tribunal anglais.

Trois plaignants, victimes d’attentats menés par l'IRA ayant causé la mort de trois personnes entre les années 1970 et 1990, accusent Adams d’en être l'un des instigateurs. Ce contexte rappelle les troubles ayant affecté l'Irlande du Nord durant plusieurs décennies, période marquée par une violence politique intense.

Vêtu d'une veste décorée d'un trèfle et arborant un badge aux couleurs du drapeau palestinien, Adams a commencé son témoignage par un souhait de joyeuses festivités pour la Saint-Patrick. Tout au long de son témoignage, il a réaffirmé : "Je n'étais pas dans l'IRA". Ses déclarations concernant les attentats, dont ceux de l’Old Bailey (1973), des Docklands et d'Arndale (1996), ont été précises : "Je n'ai jamais été impliqué ni eu connaissance à l’avance de ces actes".

Leader du Sinn Fein depuis 1983, Adams a souvent été au centre des spéculations sur ses liens avec les paramilitaires, sans que la justice n'ait pu établir de preuves concrètes de sa culpabilité. Lors de son interrogatoire par l'un des avocats des plaignants, Adams a précisé que "l’activité de l'IRA était de résister à l'occupation armée britannique" et a souligné le droit à la résistance contre cette occupation.

Bien qu'il ne défende pas toutes les actions de l’IRA, il insiste sur le principe légitime de la résistance, un point de vue partagé par certains experts qui voient dans cette déclaration le reflet des tensions historiques en Irlande.

Les plaignants demandent symboliquement une livre (environ 1,20 euro) de dédommagement. Les "Troubles" en Irlande du Nord, opposant nationalistes principalement catholiques à loyaux, ont duré 30 ans et entraîné près de 3 500 décès, jusqu’à l’accord de paix du Vendredi Saint en 1998, auquel Adams a participé comme négociateur. Ce procès pourrait marquer un tournant dans la manière dont l’histoire récente de l’Irlande est jugée et comprise.

Lire aussi

Gerry Adams face à la justice : un déni d'appartenance à l'IRA
Gerry Adams, ancien dirigeant du Sinn Fein, témoigne à Londres et nie toute affiliation avec l'IRA dans un procès historique.
14h55
L'Unesco tire la sonnette d'alarme sur le patrimoine culturel iranien en temps de guerre
L'Unesco alerte sur les dégâts infligés à quatre sites iraniens classés au patrimoine mondial. L'Iran fait face à des attaques militaires qui perturbent son riche héritage culturel.
12h27
Des frappes aériennes dévastatrices à Kaboul : un hôpital cible d'une attaque tragique
Une frappe aérienne pakistanaise à Kaboul a fait plus de 400 morts. Le Pakistan dément avoir ciblé des civils.
10h28
Municipales 2026 : la gauche face à des choix cruciaux pour le second tour
Découvrez les enjeux des élections municipales de 2026 en France, les alliances à gauche et les perspectives pour le second tour.
16 mars
Berlin et Londres refusent une mission de l'Otan pour le détroit d'Ormuz
Berlin et Londres rejettent l'idée d'une mission otanienne pour sécuriser le détroit d'Ormuz, affirmant leur volonté de préserver la paix dans la région.
16 mars
Engie se sépare de Fabrice Aidan après des liens avec l’affaire Epstein
Le groupe Engie a annoncé le départ de Fabrice Aidan, diplomate cité dans les documents sur l'affaire Epstein. Une décision qui fait écho aux préoccupations du ministre des Affaires étrangères.
16 mars