Lors du premier tour des élections municipales, le taux de participation s'est établi à seulement 57,1 %, un chiffre historiquement bas sous la Ve République. David Lisnard, président de l'Association des Maires de France, évoque une "profonde injustice pour les 800.000 élus locaux". Invité de l'émission Ma France, il a réagi à la dégringolade du suffrage du 15 mars dernier.
Les chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur montrent que ce taux est le deuxième plus faible depuis la Ve République, surpassé seulement par celui de 2020, impacté par la crise sanitaire. Lisnard a attribué cette désaffection électorale à un "contexte politique national déstabilisant", ajoutant que le sentiment d'impuissance croissant face aux institutions contribue à cette impression d'opacité.
"Je pense qu'on pâtit du contexte politique national qui donne cette impression globale et justifiée d'opacité. La crise de la démocratie, c'est souvent une crise de l'impuissance publique", a-t-il déclaré.
Une profonde injustice pour les 800 000 élus locaux
David Lisnard a également souligné l'injustice ressentie par les élus locaux : "C'est d'une profonde injustice pour les 800 000 élus locaux qui sont quasiment tous bénévoles, qui travaillent sans relâche et qui font partie intégrante de la communauté". Réélu à Cannes avec 81 % des voix, il a insisté sur l'importance du respect de la démocratie.
"Il y a un rejet de la classe politique, mais ce n'est pas le cas au niveau local. C'est très injuste. Les citoyens doivent prendre conscience du pouvoir qu'ils peuvent exercer".
Lisnard a également exhorté les électeurs à ne pas faire preuve d'apathie, rappelant des événements tragiques à travers le monde : "La démocratie, elle ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Il est crucial que nous reconsidérions notre engagement civique". À l'approche du second tour, prévu ce mardi à 18 h, les candidats ont jusqu'à cette heure pour déposer leurs listes, une occasion propice pour raviver la flamme démocratique.







