Une larme coule sur la joue d’Hanaa, militante de La France Insoumise (LFI), à l’annonce du retrait de Sébastien Delogu, qui représentait son parti avec 12 % des voix lors des dernières élections municipales à Marseille. Ce retrait fait suite à un appel à faire barrage au Rassemblement National, dont le candidat Franck Allisio a obtenu 35 % des voix au premier tour, se rapprochant du maire sortant Benoît Payan, crédité de 36,5 %.
« Je suis effondrée », confie Hanaa à 20 Minutes. Elle s’inquiète de l’abstention qui pourrait toucher notamment les quartiers populaires, se demandant : « Si même Delogu, le minot, baisse les bras, combien d’autres vont faire comme lui ? » Elle dénonce l’attitude « égoïste » du maire sortant.
Les manifestations n’y changent rien
Le maire Benoît Payan a catégoriquement refusé de fusionner sa liste avec celle de Delogu, se précipitant même à déposer sa candidature dès le lendemain, ignorant les appels à négociation qui ont attiré près d’un millier de manifestants devant son QG. « Nous espérions une fusion, je suis déçue, mais cette décision a du sens », estime Laetitia, une autre militante, qui envisage de voter blanc au second tour. Selon Delogu, sa décision était « responsable face à l’irresponsabilité d’un homme ».
Un pouvoir jugé vertical et égotique
Sébastien Barles, colistier de Delogu et ancien adjoint de Payan, critique le comportement du maire. « Ce constat reflète son rapport très vertical au pouvoir. Payan cherche à exister sur la scène nationale, en démontrant qu'il peut être élu sans les Insoumis. » Avant de s’exprimer, Payan a qualifié le retrait de Delogu de « seul acte raisonnable face à la situation actuelle », bien que nombreux soient ceux à douter de cette analyse.
Ce déroulement des événements soulève des interrogations sur la stratégie et l’avenir politique de LFI dans une ville où la lutte pour la mairie s’annonce cruciale face à une montée potentielle du RN.







