La discipline de l'architecture est en constante évolution, reflétant les avancées scientifiques, les tendances esthétiques, ainsi que les nécessités sociales et environnementales. Dans cette quête de développement, il est indéniable que l'architecture a parfois négligé son lien vital avec la nature. Aujourd'hui, une nouvelle génération d'architectes, plus consciente des enjeux contemporains, réinvente un habitat respectueux de l'environnement.
Prendre en compte l'urgence environnementale
Les problématiques environnementales deviennent incontournables face aux défis climatiques et sanitaires. Bien qu'il soit tardif, le réveil des consciences invite à concevoir des espaces de vie durables qui préservent notre écosystème tout en rétablissant le lien avec le monde naturel. La revue Garden_Lab#12, dédiée à l'architecture et aux jardins, met en lumière des initiatives novatrices incarnées par des professionnels qui imaginent des habitats vivants, en intégrant des approches telles que l'architecture bioclimatique et la co-construction.
Face à la destruction indiscriminée du milieu naturel par l'architecture moderniste, les événements climatiques récurrents nous rappellent l'urgence d'une transformation vers des pratiques écoresponsables. Une collaboration pluridisciplinaire avec des artistes, paysagistes et sociologues est essentielle pour réinventer notre rapport à la nature.
Favoriser la réhabilitation plutôt que la destruction
La tendance à réduire les déchets et à privilégier le recyclage touche de nombreux secteurs, et l'architecture ne fait pas exception. Des ouvrages tels que Auto-construire en réemploi – Donner une seconde vie aux matériaux d'Audrey Bigot et Martin Barraud offrent des alternatives durables, invitant à réfléchir à la réutilisation des matériaux avec un double objectif : économique et écologique.
Des architectes comme Philippe Madec militent également pour la réhabilitation plutôt que la démolition des bâtiments, prônant une "frugalité heureuse" qui allie respect de l'environnement et créativité. Cela ne signifie pas ignorer l'importance de constructions utilitaires, mais plutôt adapter notre méthode de construction aux spécificités locales.
Les évolutions peuvent s'opérer au niveau communal grâce aux Plans Locaux d'Urbanisme, intégrant les savoir-faire locaux et favorisant une économie circulaire. Le Manifeste pour une frugalité heureuse et créative souligne cette nécessité de repenser notre façon de bâtir en utilisant judicieusement nos ressources.
D'après l'ONU, la construction est responsable de 40% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il est urgent d'adopter des pratiques responsables comme la réhabilitation, souvent en interaction avec les citoyens, comme cela se fait dans certaines villes écologiques. Aménager des espaces verts, des jardins partagés et des chemins piétonniers deviennent des priorités incontournables.
Valoriser le vivant dans l'architecture
Trop longtemps, le secteur de la construction a ignoré l'importance du vivant. Il est temps d'agir autrement, de valoriser les forêts et leur richesse, comme le souligne l'écologue Francis Hallé.
* Disponible en librairies et sur gardenfab.fr depuis le 16 septembre 2021 - 176 pages - 19,90 €







