L’industrie du luxe, déjà fragilisée par des tensions commerciales croissantes et une réduction de la demande, subit de plein fouet les répercussions du conflit en cours dans le Golfe. Le groupe français LVMH, leader mondial du secteur, a récemment observé une chute de 28 % de son action en Bourse depuis le début de 2023, représentant la plus forte baisse parmi les géants du luxe.

Selon un rapport de Bloomberg, cette situation est qualifiée de “pire début d’année” pour LVMH. La guerre du Golfe exacerbe les difficultés rencontrées par la marque, dont la croissance avait déjà été compromise par le ralentissement des ventes. En outre, le média américain note que cette descente aux enfers est sans précédent, même en comparaison avec les crises passées de 2007 lors de la crise financière, ou de 2020 durant la pandémie de Covid-19.

Sa clientèle dépense moins en temps troublés

Les conflits en Iran infligent un coup dur à l'industrie du luxe : en période de troubles, la consommation décline drastiquement. Comme le souligne un expert du secteur, “LVMH se trouve en première ligne, car sa clientèle aspirante, souvent haut de gamme, réduit ses dépenses durant les crises.” Cependant, la marque se distingue par sa diversification puisqu'elle est également un acteur important dans le domaine des vins et spiritueux, secteur également affecté par une baisse de la demande.

Bien que LVMH ne soit pas le seul à souffrir de cette chute boursière, sa position de leader en termes de chiffre d'affaires en fait “un baromètre clé pour un domaine qui peine encore à se redresser après le marasme postpandémique et les effets des droits de douane imposés par les États-Unis”, comme le mentionne une analyse économique récente.

Enfin, la chute de l'action entraîne des répercussions financières notables pour Bernard Arnault, le PDG du groupe, qui a vu sa fortune diminuer de 55,9 milliards de dollars, la plaçant ainsi à environ 152 milliards de dollars. Dans le classement des 500 plus grandes fortunes mondiales, il reste toutefois deuxième en termes de pertes, juste derrière Larry Ellison, le patron d'Oracle.