Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a pris position vendredi, témoignant de son inquiétude face à la montée soudaine des prix des carburants, exacerbée par les conflits au Moyen-Orient. Dans une démarche proactive, il a adressé une lettre à la Commission européenne pour demander une enquête approfondie sur les marges des raffineries européennes, s'assurant ainsi de l'absence d'abus dans cette situation délicate.
« J'ai sollicité la Commission européenne pour qu'elle mène une enquête sur les marges des raffineries. Il est impératif d'écarter toute possibilité d'abus », a expliqué Lescure lors de son intervention dans l'émission C à vous sur France 5.
En se remémorant les vérifications antérieures, le ministre a souligné que « nous avons eu des interrogations concernant les marges des distributeurs, mais après contrôle, aucune irrégularité n'a été constatée ». En effet, plus de 630 stations-service ont été inspectées dans le cadre des mesures gouvernementales visant à répondre à l'envolée des prix, avec des sanctions imposées à environ 5 % d'entre elles, comme l'a indiqué la répression des fraudes le 12 mars.
Les déclarations de Lescure faisaient écho aux préoccupations émises par Thierry Cotillard, président du Groupement Mousquetaires/Intermarché, qui a récemment suggéré sur RTL que le gouvernement devrait convoquer les grands raffineurs, notamment TotalEnergies. Ce dernier a évoqué l'achat, il y a quelques semaines, de 70 cargaisons de pétrole à des prix avantageux par la multinationale.
Ces allégations ont été alimentées par un article du Financial Times, rapportant que TotalEnergies aurait acquis quasiment toutes les cargaisons exportables de pétrole en mars depuis le Moyen-Orient, évitant ainsi le détroit d’Ormuz. Cette activité de négoce, distincte de ses opérations de raffinage, aurait permis à l'entreprise de générer plus d'un milliard de dollars de bénéfices, selon le quotidien économique britannique.
Contacté par l'AFP, TotalEnergies n'a ni confirmé ni démenti ce chiffre. En outre, le ministre a mentionné qu'il avait déjà échangé avec les raffineurs, y compris le PDG de Total, tout en insistant sur la nécessité d'aborder ces problématiques à l'échelle européenne, sans cibler spécifiquement un acteur en particulier.







