Le 11 avril 2026, Gabriel Zucman, économiste reconnu, a été invité par le collectif Coudes à coudes à l'Alcazar de Marseille pour discuter de son dernier ouvrage plaidant pour la taxation des milliardaires. Lors de cet événement, il a abordé les superprofits réalisés par les sociétés pétrolières, au centre d'une étude récente menée par son Observatoire de la fiscalité.
Cette étude révèle une réalité préoccupante : une proportion croissante des bénéfices des géants pétroliers est transférée vers des paradis fiscaux, spécialement en cette période de crise énergétique. En temps normal, lorsque le pétrole voit ses prix grimper, les profits des pétroliers explosent. Sur chaque euro de bénéfice, environ 10 centimes sont destinés à des zones offshore. Toutefois, en période de crise marquée par des superprofits, ce chiffre double pour atteindre 20 centimes.
Ces chiffres illustrent l’échec de la taxe européenne, instaurée pour encadrer ces superprofits. En France, cette initiative, qui visait à générer 3 milliards d’euros, n’a abouti qu’à 69 millions, selon des analyses partagées sur Le Monde.
Zucman souligne l’urgence d’une réforme fiscale plus robuste pour remettre en question les pratiques d’évasion fiscale des multinationales. Il a exprimé l’inquiétude de nombreux économistes qui relèvent que la situation actuelle ne fait qu’aggraver les inégalités économiques, déjà alarmantes.
« Il est essentiel de mettre en place des politiques qui garantissent que les géants du pétrole contribuent équitablement à l’économie », a-t-il déclaré, ajoutant que la voie vers une justice fiscale nécessite un engagement collectif des gouvernements européens.
Cette proposition ne fait pas uniquement l’objet d’un débat théorique : des experts, comme ceux de la Banque de France, avertissent que l'érosion de la base fiscale pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur les finances publiques si elle n'est pas arrêtée. La voix de Zucman, loin d’être isolée, rejoint de nombreux acteurs appelant une réforme significative et immédiate.







