C'est un véritable dialogue de sourds qui se joue à Marseille entre les habitants d'une résidence voisine de l'usine de torréfaction Cafés Henry Blanc et l'entreprise familiale qui défend ses pratiques. Les riverains, pour la plupart inquiets, se plaignent de nuisances sonores, d'odeurs désagréables et potentiellement de rejets nuisibles pour leur santé.
Un bruit de fond insupportable, une odeur de tabac froid
Pour comprendre le cœur du problème, il suffit de se rendre au 7e étage de cette résidence. Simone, une retraitée dont la chambre donne sur les cheminées de l'usine, exprime son désespoir : "Quand j'ouvre mes fenêtres, le bruit est continu et insupportable. Parfois, d'épaisses fumées blanches s'échappent de ces cheminées, et le matin, quand l'usine redémarre, une odeur âcre envahit l'air." Cette inquiétude n'est pas isolée : environ cinquante résidents ont signé une pétition demandant la mise aux normes environnementales de l'usine.
Quelques étages plus bas, au troisième étage, Julie partage son expérience : "Nous sommes au même niveau que les cheminées. Le bruit est invivable. De plus, j'observe une poussière noire qui se dépose constamment sur mon balcon, impossible à entretenir." Dans son inquiétude, elle s'interroge sur les particules qui pourraient être rejetées par l'usine.
Des normes pas respectées selon les riverains
Les riverains conviennent que l'usine semble ignorer certaines normes environnementales : "Les cheminées, qui devraient être placées à au moins 15 mètres des façades, ne sont qu'à 13 mètres et elles ne respectent pas non plus la hauteur nécessaire de 3 mètres", indique Simone. Pour prouver leurs dires, ils ont installé un capteur qui démontrerait que les niveaux de particules fines dépassent les normes légales pendant les heures d'activité de l'usine.
Il est aussi à noter que la préfecture des Bouches-du-Rhône a mis en demeure l'usine, lui accordant un délai de neuf mois, qui expire très bientôt. Jean-Luc Blanc, le directeur, se veut rassurant : "Nous allons commencer les travaux de mise aux normes avant l'été," assure-t-il. Il défend également les méthodes de production de l'entreprise, précisant que la torréfaction se fait par cuisson et non par combustion, minimisant ainsi l'impact sur la qualité de l'air.
200.000 euros de travaux de mise aux normes sonores avant l'été
Les travaux prévus pour répondre aux exigences de bruit s'élèvent à 200.000 euros. Jean-Luc Blanc précise : "Nous respectons déjà certaines normes, mais il est vrai que nous devons encore réaliser des améliorations. Les cheminées vont être repositionnées pour se conformer à la réglementation en vigueur." Le directeur se déclare prêt à accueillir les riverains pour les rassurer concernant les procédés de fabrication de leurs cafés, qui jouissent déjà d'une réputation bien au-delà de Marseille.







