ENQUÊTE. Près de 95 % des véhicules trafiqués sont destinés au Maghreb, selon un policier impliqué dans les contrôles au port de Marseille.
Installé sur les quais du Grand Port maritime de Marseille, un ballet incessant de voitures attire l'attention. Les ferries, prêts à partir pour l'Algérie ou la Tunisie, sont le point de rendez-vous pour des passagers aux émotions variées — impatience pour les vacances ou anxiété sur le sort de leur véhicule. Les informations recueillies par Valeurs actuelles révèlent qu'« à chaque départ, on retrouve au moins une voiture volée ».
Un membre de la brigade maritime ajoute : « Les usagers, souvent des hommes d’origine nord-africaine, cachent leur nervosité tandis que nous scrutons les véhicules ». Les policiers des frontières et de la brigade du littoral s'assurent de la véracité des plaques d'immatriculation grâce à un système de lecture automatisée (LAPI), mais cette méthode est parfois insuffisante face aux techniques de maquillage utilisées par les trafiquants.
Des profils révélateurs
Les contrôleurs se doivent d'approfondir l'enquête. Malgré un premier filtrage, « ces voitures sont souvent haut de gamme, comme des Audi ou des BMW », note un agent. La vérification des éléments de sécurité s'avère essentielle pour attraper ces véhicules, dont les propriétaires ne soupçonnent pas la disparition immédiate.
Les escrocs n'hésitent pas à utiliser des méthodes sophistiquées. Selon un rapport de France Bleu, des locations de voitures auraient donné lieu à la disparition d'environ 120 véhicules en seulement deux ans, représentant un préjudice considérable, avoisinant 3,5 millions d’euros.
Un réseau bien rodé
Les victimes de ces vols sont à la fois des particuliers et des sociétés de location. En retenant des véhicules, les malfaiteurs profitent d'un temps d'avance pour effectuer les formalités de refonte avant que les propriétaires ne s'en aperçoivent. Ce trafic n’est pas sans risque, car de récentes enquêtes, dont une menée en mai par la PAF, ont abouti à l’arrestation de dix individus et révélé un réseau complexe, digne des plus grandes organisations criminelles. Des complices au sein du port facilitent l’entrée des véhicules grâce à des pots-de-vin, leur permettant de passer inaperçus.
Le procureur de Marseille a détaillé que ces opérations impliquaient jusqu'à la mise à disposition d’un hangar dans la zone réservée du port pour le maquillage des voitures. La situation à Marseille, en matière de trafic automobile, apparaît alarmante et nécessite une vigilance accrue tant des forces de l’ordre que des citoyens.







