Après 18 mois de rénovations, la cinémathèque de Toulouse a rouvert ses portes au public le 10 avril. Ce lieu emblématique a bénéficié d'une refonte complète, allant d'une nouvelle salle de projection de 100 places à l'aménagement d'un café, tout cela afin d'améliorer l'accessibilité et la circulation dans les locaux historiques de la rue du Taur. Pour célébrer cette réouverture, un week-end de projections gratuites est organisé, incluant des ciné-concerts et la diffusion de films hautement appréciés.
De passage à Toulouse, Agnès Jaoui, actrice et réalisatrice, mais également présidente de la cinémathèque, a accordé une interview à ICI Occitanie pour évoquer ses ambitions pour cet établissement vital.
Ici Occitanie : Quelle est votre ambition pour la cinémathèque de Toulouse, que vous présidez depuis 2021 ?
Agnès Jaoui : Mon principal objectif est d'accroître la fréquentation et d'accueillir un large éventail de publics. Beaucoup de Toulousains ne réalisent pas encore la richesse de ce lieu, qui leur appartient. Ce n'est pas qu'un musée pour cinéphiles. Nous avons un solide trésor ici, avec la deuxième plus grande collection de films en Europe. Nous proposons aussi des films d'archive qui plongent le spectateur dans l'histoire de notre région.
Ici Occitanie : Comment comptez-vous attirer un public plus jeune ?
A.J : Bien que l'essor des plateformes de streaming soit indéniable, je reste convaincue de l'apétence des Français pour la culture. Située face à une école de cinéma, la cinémathèque attire déjà de nombreux jeunes. Pendant les travaux, le Pathé Wilson a projeté des films de notre collection, comme Fenêtre sur cour, et la salle était pleine de jeunes. Ces expériences sont irremplaçables ; voir un film sur grand écran change tout.
Ici Occitanie : Comment comptez-vous mettre en avant le travail des femmes cinéastes ?
A.J : Mon but n'est pas uniquement de donner une voix aux femmes cinéastes, mais de révéler l'évolution du féminisme à travers le cinéma. Des œuvres de pionnières comme Coline Serreau ou Agnès Varda méritent d'être revisitées et mises en lumière. Nous devons également nous rappeler d'Alice Guy, la toute première réalisatrice du cinéma, parmi bien d'autres.
Ici Occitanie : Quels sont les projets à venir concernant le centre de conservation des œuvres ?
A.J : Ce centre est en pleine réhabilitation pour accroître sa capacité d'accueil. Notre patrimoine cinématographique est très précieux et exige une attention particulière.
Ici Occitanie : Les travaux de rénovation de 4,1 millions d'euros dans un contexte de réduction des subventions culturelles sont-ils encourageants selon vous ?
A.J : Absolument. Les investissements proviennent de manière équitable de la région, du département, de la ville et du CNC, et je les en remercie vivement. Ce projet de rénovation date de plus de dix ans. Dans un contexte où la culture fait face à des réductions budgétaires significatives, cet effort est essentiel pour l'avenir.
Pour conclure, vous avez récemment terminé le tournage d'un film qui sera présenté au Festival de Cannes 2026, et prévu une mise en scène de Don Giovanni au Théâtre du Capitole. Avez-vous des projets de chant avec l'orchestre du Capitole ?
A.J : Rien n’est prévu pour le moment, mais je n'exclus rien. J'aimerais beaucoup chanter à Toulouse, cela fait 20 ans que je ne l'ai pas fait. Merci de m’y faire penser.







