Ce samedi, plus de 500 manifestants ont été arrêtés au centre de Londres lors d'un sit-in pacifique pour exiger la levée de l'interdiction du groupe Palestine Action. Selon la police, un total de 523 personnes ont été interpellées, dont des participants âgés de 18 à 87 ans.
Cette manifestation silencieuse, qui s'est tenue à Trafalgar Square, a vu des centaines de personnes brandir des pancartes qui proclament leur soutien à Palestine Action, notamment un message fort qui disait : "Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action".
Parmi les personnes arrêtées, on dénombre Robert Del Naja, le célèbre chanteur de Massive Attack, qui a été emmené par la police alors qu’il affichait son soutien au groupe. Cette interpellation a suscité de vives critiques, notamment de la part d'Amnesty International, qui a dénoncé la recrudescence des arrestations arbitraires.
Une interdiction jugée "disproportionnée"
Le groupe Palestine Action est en pleine bataille judiciaire contre le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui a décrété son interdiction en juillet dernier après des actes de vandalisme attribués à ses militants, tels que des dégradations sur une base de l'armée de l'air. Selon une décision de justice en février, cette interdiction a été jugée "disproportionnée", mais le gouvernement a interjeté appel, maintenant ainsi la mesure en vigueur.
Ce contexte a suscité de fortes tensions au sein de la société britannique. "Il est essentiel que nous continuions à nous opposer au génocide, que ce soit légalement ou illégalement", a déclaré Freya, 28 ans, une activiste écologiste présente lors de la manifestation.
La criminalisation de la dissidence
Un autre manifestant, Denis MacDermot, âgé de 73 ans, a également partagé son histoire, rappelant qu'il avait déjà été arrêté lors d'une précédente manifestation. "Cela ne m'a pas découragé de revenir. Je soutiens ces gens formidables", a-t-il affirmé en désignant la foule rassemblée.
La détention massive des manifestants, qui a atteint plus de 2 700 depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction, a provoqué une forte réprobation. Selon l'association Defend Our Juries, engageant des efforts pour défendre les droits des manifestants, les sanctions encourues peuvent aller jusqu'à 14 ans d'emprisonnement pour l’organisation d’événements en soutien à Palestine Action.
Amnesty International a critiqué ces actions en affirmant que la police britannique revient à une politique d'arrestations massives "échouée", précisant que ce ne sont pas des mesures pour le maintien de l’ordre, mais une forme de criminalisation de la dissidence.
En somme, cette manifestation à Londres n’est pas seulement une question de soutien à Palestine Action. Elle soulève des interrogations sur la liberté d’expression et la manière dont la violence étatique peut peser sur les voix dissidentes en Grande-Bretagne.







