Les exportations de pétrole des États-Unis sont en plein essor, s'approchant d'un record historique. D'après Kpler, une société d'analyse, ces exportations pourraient atteindre près de 5 millions de barils de brut par jour en avril, marquant une hausse par rapport aux 4 millions observés en mars. Cette augmentation s'accompagne d'une afflux significatif de supertankers dans les ports du golfe du Mexique, alors même que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, zone stratégique, demeure perturbé. Les tensions ont conduit à un renforcement du blocus américain dans la région, maintenant les prix du pétrole à des niveaux élevés.
La majorité de ces exportations semble être destinée à l'Asie, une zone où les raffineries luttent pour obtenir du pétrole, peu de temps avant une éventuelle pénurie. Cette situation a été accentuée par des événements récents, comme l'expansion du blocus, qui a incité Donald Trump à affirmer : "Un grand nombre de pétroliers complètement vides, parmi les plus grands du monde, se dirigent vers les États-Unis pour se charger du meilleur et du plus doux pétrole au monde."
Malgré cet afflux, la production américaine ne parviendra pas à combler la perte habituelle de pétrole transitant par le détroit d'Ormuz. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que l'offre mondiale a chuté de 10 millions de barils par jour, entraînant un choc pétrolier de grande envergure sur le marché mondial. Cette perturbation a été qualifiée par l'AIE de "plus grande perturbation de l'histoire" du marché pétrolier.
Vers un bond des profits des pétroliers
Le président américain a tenté de positiver la situation, même si les prix à la pompe atteignent des sommets, affectant le pouvoir d'achat des ménages. "Les États-Unis sont de loin le premier producteur de pétrole au monde. Par conséquent, lorsque les prix augmentent, nous engrangeons d'importants bénéfices," a-t-il déclaré.
Cette hausse des cours du pétrole est de bon augure pour les compagnies pétrolières américaines, qui pourraient engranger jusqu'à 63 milliards de dollars supplémentaires cette année si le prix du baril se maintient autour de 100 dollars, selon une étude du cabinet Rystad, citée par le Financial Times.
Les géants pétroliers, en particulier ceux moins engagés au Moyen-Orient, pourraient bénéficier considérablement de l'augmentation des prix. Cependant, des experts préviennent que ces profits ne seront pas nécessairement réinvestis pour accroître la production. Au contraire, certaines entreprises, telles qu'ExxonMobil, pourraient faire face à des défis en raison de leur exposition au Moyen-Orient.
Avec la dernière crise énergétique qui avait déjà profité aux opérateurs américains, comme l'a observé l'économiste Isabella Weber, ces firmes avaient enregistré des bénéfices nets de 301 milliards de dollars en 2022. Ce phénomène de transfert de richesse des pays importateurs vers les exportateurs pourrait se reproduire, aggravant les inégalités en matière de profitabilité, où un pourcentage élevé des gains pourrait profiter à une minorité.
En résumé, l'afflux de supertankers vers les ports américains, alors que les tensions au Moyen-Orient persistent, semble bien positionner les États-Unis comme un acteur clé de l'approvisionnement pétrolier mondial dans les mois à venir.







