Bouygues, Free et Orange avancent pour le rachat de SFR, avec un prix convenu de 20,35 milliards d'euros.
Le 17 avril 2026, les opérateurs télécoms Bouygues, Free et Orange ont annoncé être d'accord sur un prix de 20,35 milliards d'euros pour acquérir SFR, ce qui pourrait marquer un moment clé dans la réorganisation du secteur télécom. Ce développement ouvre la voie à des négociations exclusives avec Altice France. Selon leur communiqué, « cette annonce constitue un jalon majeur pour une opération qui aura des répercussions sur l'ensemble du secteur télécom français et européen », a souligné le ministère de l'Économie.
Le ministère précisait que les acquisitions avaient été refusées auparavant, notamment une offre de 17 milliards d'euros faite en octobre, jugée insuffisante. « Même si la nouvelle offre a été améliorée, elle n'est pas fondamentalement différente », a déclaré Sylvain Chevallier, analyste chez BearingPoint.
Le partage des actifs : stabilité et continuité
Le partage des actifs de SFR entre les opérateurs reste quasiment intact par rapport à l'ancienne offre rejetée, répartissant 42 % à Bouygues, 31 % à Iliad, et 27 % à Orange. Bouygues se verront attribuer le segment B2B, tandis que les autres acteurs se partageront l'activité grand public et les infrastructures.
Un retour à trois grands acteurs ?
Ce rapprochement évoque la possibilité d'un retour à un secteur dominé par trois opérateurs, une configuration qui a prévalu avant l'arrivée de Free en 2012. « Ce serait une évolution significative », souligne Chevallier, tout en rappelant que la concurrence est vitale pour maintenir les prix bas.
Les opérateurs se disent favorables à cette consolidation. « Les consommateurs peuvent être rassurés, nous restons dans un marché très concurrentiel », a-t-il précisé. Le lancement de ce processus est soumis à l'approbation des organismes de régulation, un aspect crucial pour garantir la stabilité du marché.
Des inquiétudes pour l'emploi
Les syndicats, quant à eux, expriment des préoccupations concernant l'avenir des 8 000 employés de SFR. La CFDT a souligné que « le rachat pourrait engendrer des doublons et des réorganisations majeures », posant un « risque réel de chocs sociaux ». La CFE-CGC Télécoms a demandé une protection des emplois dans cette phase de transition.
Alors que ces négociations exclusives se poursuivent jusqu'au 15 mai 2026, l'accord final doit encore passer par un processus d'approbation complexe. « De nombreux détails restent à discuter et à négocier », ont déclaré les dirigeants d'Altice France dans une communication aux employés.







