Selon les dernières données de la Drees, les départements français ont alloué 47,8 milliards d'euros à l'aide sociale en 2024, marquant une hausse de 4,5% par rapport à l'année précédente. Cette augmentation est en grande partie attribuée à l'aide sociale à l'enfance, comme l'indique une étude publiée le vendredi par la Drees. Une part significative des dépenses a également été dirigée vers les personnes handicapées et les personnes âgées, tandis que la progression du revenu de solidarité active (RSA) demeure plus modérée, précisant ainsi la complexité des enjeux sociaux en France.
En se penchant de plus près, on constate que les dépenses brutes consacrées à l'aide sociale à l'enfance ont atteint 11,7 milliards d'euros, affichant une hausse remarquable de 6,7% par rapport à 2023. Philippe Laurent, maire d'une commune des Hautes-Alpes, exprime son inquiétude face à ces disparités : « Certaines régions sont particulièrement touchées, avec des augmentations nettes qui dépassent 20%, ce qui soulève des questions sur l'équité dans la répartition des ressources ».
En ce qui concerne les aides pour les personnes handicapées, les dépenses connaissent une hausse de 6,2%, atteignant 10,9 milliards d'euros en 2024. La Drees note que près des deux-tiers de cette somme (61,8%) sont dédiés aux aides à l'accueil, tandis que les autres services, comme l'aide à domicile, voient une augmentation de 9,5%.
Les dépenses d'aide sociale aux personnes âgées, quant à elles, s'élèvent à 9,2 milliards d'euros, en hausse de 4,1%. « Cette augmentation est bel et bien le reflet d'un vieillissement de la population et de la nécessité de revaloriser les salaires des professionnels du secteur », affirme Jean-Yves Gauthier, expert en politiques publiques. La revalorisation des tarifs nationaux minimums pour ces services joue également un rôle significatif.
En ce qui concerne le revenu de solidarité active (RSA) et le revenu de solidarité outre-mer (RSO), les dépenses brutes connaissent une légère augmentation de 1,3%, portant le montant total à 11,5 milliards d'euros. Cependant, la Drees met en garde contre cette évolution, expliquant que certaines collectivités ont désormais transféré ce financement à l'État, rendant l'analyse plus complexe et nécessitant une vigilance accrue.







