Bruno Le Maire pourrait enfin voir ses attentes se concrétiser. La Commission européenne travaille actuellement sur une réforme majeure des règles encadrant les fusions d'entreprises, la plus significative depuis deux décennies, selon le Financial Times. L'objectif? Assouplir le droit de la concurrence pour encourager l'émergence de "champions européens" capables de rivaliser avec leurs homologues chinois ou américains.
Un responsable au sein de la Commission a décrit ce mouvement comme une "rupture avec le passé", se dirigeant vers "une approche ambitieuse qui prend en compte la concurrence mondiale en pleine évolution". Au cours des dernières années, les autorités européennes ont été accusées d'appliquer des règles de concurrence trop strictes, freinant ainsi la capacité des entreprises européennes à fusionner pour mieux s'imposer sur la scène internationale.
Un exemple marquant reste le refus en 2019 de la fusion entre le fleuron français Alstom et le géant allemand Siemens Mobility, censée donner naissance à un leader du ferroviaire en Europe. La commissaire européenne Margrethe Vestager avait justifié sa décision en arguant que "cela aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation".
Une approche plus flexible
Suite à cette décision, la France et l'Allemagne ont appelé à une révision en profondeur des lois européennes sur la concurrence. Bruno Le Maire avait alors stigmatisé ce veto comme "une erreur économique et une faute politique".
"Cette décision ne tient aucun compte de la rapidité de l'évolution de l'économie moderne", s'indigne Bruno Le Maire dans La Provence.
Il considère que ce refus favorise des concurrents comme le chinois CRRC, qui domine le marché mondial du ferroviaire.
Par ailleurs, des modifications des règles de concurrence ont également été proposées dans le rapport de Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, incitant à une agilité accrue des autorités de concurrence en Europe. "Les règles doivent être plus flexibles et orientées vers l'avenir", avait-il suggéré.
Cependant, certains experts mettent en doute l'idée selon laquelle les règles européennes sur les fusions auraient réellement entravé la productivité en Europe. Selon une étude récente du Centre for Economic Policy Research (CEPR), sur 2833 opérations de fusion examinées de 2015 à 2024, seulement neuf ont été interdites. Cette réforme prévue par la Commission devrait donc susciter des débats passionnés dans les mois à venir.







