La précarité hygiénique a pris des dimensions alarmantes en France. Selon un baromètre IFOP, 16 % des Français se retrouvent à choisir entre acheter de la nourriture ou des produits d'hygiène, et 8 % renoncent complètement à des essentiels comme le shampoing ou le dentifrice. Dans ce contexte préoccupant, l'association Dons solidaires, dont le centre logistique est basé à Artenay, près d'Orléans, met à profit les invendus de nombreux fabricants pour aider ceux dans le besoin.
Lors d'une journée de sensibilisation ce mercredi, Dons solidaires a dévoilé plusieurs kits hygiène destinés à des populations variées. « Habituellement, nous proposons des cartons mono-référencés. Mais cette fois, trois types de kits ont été créés : un dédié aux familles avec des produits de puériculture, un autre pour les femmes incluant des protections menstruelles, et un troisième ciblant les jeunes précaires », explique Elodie Rambi-Dètre, responsable logistique de l'association.
Les produits proviennent essentiellement de fins de série ou d'articles présentant des défauts mineurs d'emballage. La loi AGEC (anti-gaspillage) de 2022 contraint les producteurs à donner leurs invendus, mais pour certains, comme Unilever, l'engagement va au-delà des obligations légales. Léo Tubiana, directeur communication d'Unilever France, souligne : « Notre marque Signal est très investie dans l'éducation à l'hygiène bucco-dentaire. Ce partenariat avec Dons solidaires renforce notre démarche. » L'an dernier, Unilever a généreusement offert plus de 160 000 produits à l'association.
La lutte contre la précarité hygiénique est essentielle pour favoriser la réinsertion sociale. Claire Etienne, responsable des partenariats avec l'association Aurore, témoigne : « L'accès à l'hygiène est fondamental pour la reprise de confiance en soi. Sans cela, il est incroyablement difficile de retrouver sa place. » Dons solidaires redistribue ces produits à environ 1 200 associations en France, qui viennent en aide aux personnes en situation précaire.
En 2022, l'association a distribué 5 millions de produits d'hygiène, une hausse significative, mais qui ne couvre pas tous les besoins. Anthony Ikni, responsable communication de Dons solidaires, rappelle que « la précarité hygiénique est une réalité souvent ignorée. Dans notre société de l'apparence, 33 % des Français avouent ne pas oser sortir faute d'hygiène. Ce phénomène touche des millions de personnes, y compris au-delà des sans-abri. »
La mobilisation est donc cruciale pour répondre à ce fléau qui n'est pas qu'une simple problématique alimentaire. C'est un combat contre l'exclusion et pour la dignité de chacun.







