Dans une démarche audacieuse pour stimuler l'économie, la Turquie propose une série de mesures fiscales destinées à attirer entrepreneurs et investisseurs. Le ministre du Trésor et des Finances, Mehmet Simsek, a souligné la position géographique stratégique de la Turquie, la présentant comme un "corridor central" entre l'Europe et le Moyen-Orient. "Nous souhaitons faire de la Turquie un des principaux pôles de la région, comparable à Singapour ou Hong Kong", a-t-il déclaré BFM TV.
"Exporter davantage de biens et de services, attirer plus de talents, d'entrepreneurs et de capitaux", a résumé le ministre turc.
Le programme de réformes comprend une exonération fiscale à 100 % pour le commerce de transit basé à Istanbul, et jusqu'à 95 % pour les entreprises hors de la métropole. Simultanément, une réduction significative des taux d'imposition pour les exportateurs a été annoncée : un taux réduit de 14 % pour les exportateurs de biens, et un taux unique de 9 % pour les produits manufacturés. Les services à haute valeur ajoutée comme le design ou les logiciels bénéficieront d'une exonération totale, révélant l’ambition de la Turquie d’encourager l’innovation.
Guerre au Moyen-Orient
Les nouveaux résidents de Turquie pourront également profiter d'une exonération d'impôts sur leurs revenus étrangers pendant 20 ans, en plus d'avantages similaires pour les nationaux rapatriant leurs actifs. Confirmant ces mesures, Simsek a rappelé qu'elles doivent cependant être validées par le parlement turc avant leur mise en œuvre.
"Nous sommes déterminés à faire de la Turquie un pôle d'attraction mondial [...] et à renforcer considérablement l'attractivité de notre pays", a affirmé le président Recep Tayyip Erdogan.
En évoquant les défis internationaux, notamment la situation au détroit d'Ormuz, Simsek s'est montré rassurant quant à la sécurité énergétique de la Turquie. Avec un déficit budgétaire maîtrisé et une dette relativement faible, le ministre a assuré que les impacts de la flambée des prix liés au conflit étaient gérables. Cependant, il a prédit une inflation supérieure de 3 % par rapport aux prévisions antérieures, prévoyant un taux d'environ 15 à 21 % d'ici la fin de l'année.
Avec ces réformes, la Turquie espère susciter un intérêt soutenu des investisseurs étrangers et positionner Istanbul comme un hub financier incontournable.







