Les États membres de l’Union européenne se sont mis d’accord ce mercredi pour modifier les règles d’assurance-chômage qui concernent les travailleurs transfrontaliers. Cette réforme déplace la responsabilité des allocations au pays où le travailleur exerce son activité. En ce temps de rigueur budgétaire, le gouvernement français pourrait ainsi économiser jusqu’à 860 millions d’euros.
Auparavant, les travailleurs frontaliers cotisaient dans le pays où ils étaient employés. En cas de chômage, leur pays de résidence, comme la France, était responsable des indemnités via l’Unédic. Avec cette nouvelle réglementation adoptée par les États membres, les caisses du pays d’activité se chargeront désormais de verser les indemnités chômage.
Chaque année, la France était obligée de verser près de 860 millions d’euros à environ 43 000 travailleurs frontaliers, dont la majorité exercent en Suisse. Cette somme conséquente résulte des salaires nettement plus élevés pratiqués dans les pays voisins. Par exemple, le salaire moyen à Luxembourg est de 75 919 euros, et en Suisse, il atteint 101 688 euros, contre seulement 44 909 euros en France.
En 2023, la moyenne des indemnités chômage pour les travailleurs frontaliers suisses se montait à 2 600 euros par mois, tandis que les demandeurs d'emploi français recevaient en moyenne 1 200 euros. Comme l'explique Michel Capron, économiste spécialiste des marchés du travail, "cette réforme pourrait atténuer les disparités financières actuelles en allégeant le fardeau des finances publiques françaises tout en renforçant les soutiens aux travailleurs dans leur pays d'activité." Cela pourrait donc transformer le paysage économique pour les frontaliers et la France.







