Ouvrir ou fermer ? En Indre-et-Loire, le dilemme du 1er mai divise les artisans boulangers et fleuristes. Entre traditions, enjeux économiques et nouvelles législations, leurs décisions sont révélatrices de l'évolution du secteur.
Suite à un retournement politique concernant la loi sur le travail du 1er mai, le Premier ministre a affirmé le 17 avril 2026 avoir trouvé un compromis permettant aux boulangers et fleuristes de travailler ce jour-là. Il a annoncé que « une instruction sera envoyée à tous les services de l'État » pour s'assurer que les commerces peuvent ouvrir sans crainte de sanctions, dans le cadre de cette nouvelle peinture législative.
Les artisans indépendants pourront ainsi faire le choix de travailler le 1er mai 2026, « sur la base du volontariat et avec une rémunération double ». Auparavant, seule la famille des chefs d'entreprise était autorisée à travailler ce jour-là.
« Nous fonctionnons sur la base du volontariat : 80 % de l’équipe s’est portée volontaire »
Les boutiques s'organisent selon leur convenance. La boulangerie Roussel Tradition, présidée par le responsable de la Fédération des artisans boulangers d’Indre-et-Loire, sera ouverte de 9 h à 17 h, dirigée uniquement par les propriétaires avec un boulanger en fabrication. Une employée souligne : « Nous n'avons pas sollicité le personnel pour ce jour férié ».
À Aux Douceurs de Larçay, l'ouverture aura lieu de 7 h à 13 h, également habituelle pour les jours fériés. Le même modèle s'applique chez Nardeux, qui ouvrira de 7 h à 12 h 30 (dans plusieurs villes telles que Saint-Cyr-sur-Loire). « Nous avons signé un document pour confirmer notre volonté de travailler », indique une salariée. La promesse de double paie influente ainsi qu’un jour de récupération motivent plusieurs employés. « Nous n'imposons rien », ajoute une responsable.
Olivier Grimaud, gérant d’Aux Délices de Pierre à Château-Renault, affirme : « Oui, nous serons bien ouverts le 1er mai, de 6 h 30 à 13 h. Nous avons toujours été ouverts ce jour-là, sauf l’an dernier. Je me suis installé ici il y a près de dix-huit ans, et c'est une habitude de ne jamais fermer. »
En revanche, Philippe Comte et Marc-Antoine Bosquet, dirigeants des Blés de Demain, se disent frustrés de ne pas pouvoir ouvrir : « Les plannings étaient déjà établis sans certitude juridique ; nous serons donc fermés. C'est décevant car nous souhaitons servir nos clients, a fortiori quand c'est autorisé. Cela va immanquablement engendrer des pertes financières. »
Quelle est l'attitude des fleuristes ?
Pierre-Louis Bonneau, artisan à Amboise, sera ouvert le matin comme à son habitude : « Cela demeure compliqué car n'importe qui peut vendre, mais nos clients viennent toujours nous soutenir ». À Manthelan, l’Atelier Floral Mr Max suivra le même principe, avec seulement le responsable présent. Une employée confie : « Le 1er mai, ça semble pourtant s'éclipser un peu. »
Marie, de la boutique Églantine à Chinon, ouvrira de 9 h à 13 h, « comme chaque jour férié depuis trente-cinq ans ». Pour elle, l’esprit du 1er mai est essentiel. En revanche, Stéphanie de Uflora, à Tours, préfère rester fermée. « Je n'ai jamais été ouverte le 1er mai. Je crois en la tradition du muguet vendu dans les rues », explique-t-elle, ajoutant que « cela ne serait pas rentable d'ouvrir lorsque toutes les boutiques alentours sont fermées. »
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