Les autorités américaines devraient recevoir ce jeudi un retour de Téhéran concernant leur récente proposition, visant à mettre un terme de manière durable aux hostilités au Moyen-Orient et à rouvrir le stratégique détroit d'Ormuz.
Mercredi, Donald Trump a évoqué des "discussions très positives" au cours des dernières 24 heures, estimant qu'un accord de paix avec l'Iran pourrait être à portée de main, malgré la menace d'une intensification des frappes militaires.
En raison des avancées prometteuses évoquées, le président a annoncé la suspension d'une opération militaire récemment lancée, afin de permettre à de nombreux navires bloqués dans le Golfe de passer à travers le détroit d'Ormuz.
- Protocole d'accord -
Depuis l'éclatement des hostilités le 28 février, Téhéran a verrouillé ce passage crucial pour le transit des hydrocarbures, engendrant des milliers de pertes humaines, notamment en Iran et au Liban, et impactant l'économie mondiale. Pendant ce temps, Washington continue d'appliquer un blocus sur les ports iraniens, en vigueur depuis le 13 avril.
Selon "Axios", des sources gouvernementales américaines ont indiqué qu'un protocole d'accord d'une page pourrait établir un cadre pour mettre fin aux hostilités et ouvrir la voie à des négociations nucléaires détaillées. Cet accord impliquerait un engagement de l'Iran à suspendre son enrichissement nucléaire, une levée des sanctions américaines et la restitution de milliards de dollars de fonds iraniens bloqués.
- Vote attendu à l'ONU -
La posture de Téhéran face à cette proposition semble mesurée. Bien que des responsables iraniens aient insinué que les États-Unis cherchent à imposer une "reddition", le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que l'Iran "étudie toujours" le plan américain.
Un revirement de Trump concernant l'escorte militaire des navires dans le détroit d'Ormuz a été rapporté par NBC News, après que l'Arabie saoudite a refusé d'ouvrir son espace aérien aux forces américaines.
Au Conseil de sécurité de l'ONU, Washington et ses alliés du Golfe travaillent sur une résolution appelant Téhéran à cesser ses attaques, à révéler l'emplacement de ses mines et à s'abstenir de prélèvement de péages sur le transit maritime, selon le secrétaire d'État américain Marco Rubio. Un vote pourrait avoir lieu dans les jours à venir.
Lundi a marqué le début d'une opération américaine dans le détroit, qui s'est accompagnée d'accrochages en mer et de frappes attribuées à l'Iran contre les Émirats arabes unis, cela après plusieurs semaines de calme relatif.
Sur le plan diplomatique, Téhéran a nié toute responsabilité dans l'explosion d'un cargo sud-coréen dans le détroit, comme l'a révélé un communiqué de son ambassade à Séoul.
- "Empirer la situation" -
Les prix du pétrole, avec l'espoir d'un redémarrage des pourparlers qui piétinent, ont chuté sous les 100 dollars le baril. Un habitant de Tonekabon, Ali, exprime son pessimisme : "Les États-Unis ont attaqué, et cela n'a fait qu'empirer la situation".
"Ils veulent maintenant conclure un accord, mais les conditions sont inférieures à celles de l'accord nucléaire de 2015", a-t-il ajouté, faisant référence à l'accord sur le nucléaire, le JCPOA, dont Trump s'était retiré en 2018.
Jeudi, le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré avoir rencontré le guide suprême, Mojtaba Khamenei, non vu en public depuis sa nomination en mars, et blessé lors des frappes récentes.
Au Liban, des tensions persistent, avec la mort d'un commandant du mouvement Hezbollah lors d'une frappe israélienne à Beyrouth, affirmée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a déclaré que son gouvernement ne laisserait "aucun terroriste" échapper à la justice. Le ministère libanais de la Santé a signalé 11 décès causés par les bombardements israéliens cette semaine, malgré la trêve.







