L'essentiel : La colère monte chez Ryanair face à la vente d’alcool tôt le matin dans les aéroports. Le directeur général, Michael O'Leary, souligne les impacts négatifs, notamment des dérives qui entraînent jusqu’à un vol détourné par jour.
Un défi selon Michael O'Leary
Michael O'Leary dénonce les désastres causés par des passagers en état d’ébriété lors de vols matinaux. Dans une récente interview avec The Times, il a soulevé la question : "Qui a besoin de boire de la bière à ce moment-là ?" Selon lui, cette vente d’alcool dans les bars d’aéroports avant les départs matinales favorise des comportements inappropriés. "C'est devenu un véritable défi pour toutes les compagnies aériennes", a confié O’Leary en ajoutant que sa société était contrainte de dérouter presque un vol quotidien à cause de l’attitude de certains voyageurs.
Un incident notoire s'est produit en avril 2024 sur un vol reliant Dublin à Lanzarote. L'appareil a dû atterrir de manière imprévue à Porto à cause du comportement d'un passager en état d'ivresse. Cet incident, qui a causé une nuit complète de blocage pour tous les passagers, a conduit Ryanair à réclamer 15 000 euros de dommages à l'individu concerné. Comme le souligne BFMTV, la législation britannique est très stricte dans de tels cas, et une personne reconnue coupable d’ivresse à bord d’un avion pourrait faire face à une peine de prison de deux ans et à une amende de 5 000 livres, soit environ 5 900 euros.
Ryanair régule les consommations des voyageurs
Face à cette problématique, O'Leary continue de s'insurger contre cette vente d’alcool à des heures inappropriées. "Il ne devrait pas y avoir d'alcool servi dans les aéroports en dehors de ces heures de licence", plaide-t-il. Depuis deux ans, Ryanair appelle à une régulation qui limiterait la vente à deux verres par personne dans les aéroports, en opposition à la politique de la compagnie qui ne sert généralement pas plus de deux boissons par passager à bord.
"Nous agissons de manière raisonnable, mais d’autres exploitants ne le font pas. Les aéroports, en particulier, profitent de cette situation, servant de l’alcool dès cinq ou six heures du matin, et profitant des retards pour envoyer des passagers sous influence à bord des vols", a expliqué O'Leary.
Une limite difficile à gérer
Tim Martin, le directeur de la chaîne de pubs Wetherspoon, s'est montré sceptique face à cette proposition dans The Times, notant que l’interdiction du "petit-déjeuner alcoolisé" pourrait être perçue comme une surveillance excessive. "Réguler strictement la consommation d'alcool dans les aéroports serait une approche de type 'Big Brother', qui pourrait mener à des tests d'alcoolémie pour les passagers", a-t-il commenté.







