Francesca Petrella, chercheuse à l'université d'Aix-Marseille, s'est penchée depuis une décennie sur le projet des territoires zéro chômeur de longue durée. À l'approche de la fin de cette expérimentation, prévue dans six mois, elle partage ses réflexions sur ses enseignements clés.
Qui sont les bénéficiaires des emplois au sein de ces territoires zéro chômeur ?
Le public aidé par cette initiative est diversifié. Cependant, les participants à l'expérimentation se distinguent par certaines caractéristiques. En effet, les employés des entreprises à but d'emploi (EBE) sont en moyenne plus âgés, souvent des femmes, possèdent souvent un niveau d'éducation plus élevé et une proportion significative d'entre eux se trouvent en situation de handicap, comparé aux bénéficiaires d'autres politiques d'insertion, comme l'insertion par l'activité économique (IAE).
Il est à noter que les EBE ont une fonction particulière, car elles offrent des contrats à durée indéterminée (CDI) sans nécessiter une sortie obligatoire. De nombreux bénéficiaires ont si bien intégré cet environnement qu'ils y travaillent depuis des années. Actuellement, plus de 4 000 personnes sont actives au sein des EBE, témoignant de la pérennité de cette approche innovante sur le marché de l'emploi.
Selon Francesca Petrella, l'expérience de ces territoires démontre que décrocher un emploi peut profondément transformer le regard que la société porte sur les individus en difficulté. Comme l'indique un rapport du ministère du Travail, ce type d'initiatives pourrait servir de modèle pour d'autres régions, marquant un tournant dans la lutte contre le chômage de longue durée.







