Emmanuel Macron et Giorgia Meloni se sont rencontrés jeudi à Antibes, sur la Côte d'Azur, pour un sommet crucial marqué par le désir de revitaliser une relation tardivement enclin à des tensions, suite à des différends notables au cours des derniers mois.
Le président français a accueilli la Première ministre italienne, qui a tardé à arriver de 30 minutes, au pied du musée Picasso, lançant : "Allez, viens, viens !" pour l’inviter à une visite privé. Les deux dirigeants ont échangé des sourires et des poignées de main, signalant un moment de réconciliation.
Ceci constitue le premier sommet franco-italien depuis l'adoption en 2021 du Traité du Quirinal, qui a rehaussé leurs relations au même niveau que celles de Paris et Berlin, et aussi le premier depuis l'ascendance au pouvoir de Meloni en octobre 2022, une femme politique issue du parti Frères d'Italie, considéré comme d'extrême droite.
Pour Macron, dont le mandat s'achève en mai 2027, ce sommet pourrait bien être le dernier. La Première ministre italienne, quant à elle, espère continuer son mandat après les prochaines élections générales.
Le sommet n’occupera que quelques heures, durant lesquelles des entretiens, la signature d'accords et une conférence de presse seront organisés, avant un dîner de travail qui se tiendra dans le cadre paisible de la Villa Eilenroc, une belle propriété du 19e siècle surplombant la mer Méditerranée.
Les tensions accumulées entre les deux dirigeants, souvent en désaccord sur diverses questions, semblent momentanément mises de côté. L'Elysée, minimisant les discussions passées, évoque un "retour aux fondamentaux" des relations franco-italiennes.
Une collaboration renforcée est d'autant plus primordiale entre les deux pays, surtout avec un volume d'échanges commerciaux projeté à 112 milliards d'euros en 2025. Au-delà des intérêts économiques, des domaines tels que la défense, l'énergie et le spatial s'avèrent cruciaux pour les deux nations, en ces temps d'instabilité géopolitique.
Giorgia Meloni, après un flirt audacieux avec le leader américain Donald Trump, ressent le besoin de réaffirmer sa position au sein de l'Union européenne, comme l'indique le politologue Sergio Fabbrini. Ce dernier souligne que la récente friction avec Trump a poussé Meloni à recentrer son avis sur les affaires de l'UE, en tentant de calmer les tensions avec les autres états membres.
Les tensions entre Paris et Rome n'ont pas manqué de s'intensifier, particulièrement autour des questions migratoires, mais les deux pays se rendent compte de l'importance cruciale de comprendre leurs différentes positions pour avancer ensemble.
Cette réunion a également pour objectif de préparer une feuille de route conjointe sur la défense, se concentrant sur le système de défense anti-aérienne franco-italien SAMP/T, déjà livré à l'Ukraine, et ouvre la voie à une collaboration stratégique sur des projets d'envergure dans le secteur spatial.
Alors que les militaires soulignent le rôle central des technologies spatiales dans les conflits actuels, la récente rencontre pourrait bien poser les bases d'une nouvelle synergie entre la France et l'Italie, face à une concurrence croissante dans le secteur technologique.







