Dans les quartiers de Moscou, les panneaux "à vendre" et les devantures désertes témoignent des ravages économiques. Le ralentissement économique, consécutif aux trois ans de conflit, affecte durement des petits commerces, allant des pharmacies aux boucheries.
Les milliards dépensés pour l'effort militaire, qui représentent près de 8 % du PIB, ont eu un impact dévastateur sur le reste de l'économie. Comme l'indique un rapport de l'AFP, la grande offensive militaire a, dans un premier temps, masqué les conséquences négatives sur l'économie nationale, mais cette illusion semble s'effondrer.
"Mon commerce est à l'agonie. Je pense tout arrêter", confie une pharmacienne de Mytichtchi, dans la banlieue de Moscou, qui préfère rester anonyme. Selon ses mots, l’inflation a été ressentie dès les premiers jours de l’invasion.
Les petites entreprises dans cette ville satellite, confrontées à la complexité accrue de la législation fiscale et la concurrence des ventes en ligne, tentent de survivre. Alexandre Kolyandr, économiste basé à Londres, dépeint une "économie à deux vitesses" où le secteur de la défense prospère, tandis que les autres secteurs luttent pour rester à flot.
Deux vitesses
"Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par leur pouvoir d'achat. Ils freinent leurs dépenses", explique Kolyandr. Pour ceux qui gèrent de petites entreprises, la situation devient de plus en plus instable. Une propriétaire de salon de manucure, également à Mytichtchi, raconte qu'elle a dû diviser son espace en raison de la montée des loyers. "Tous les coûts augmentent, et les clients optent pour des services moins chers," ajoute-t-elle.
Par ailleurs, le gouvernement russe a récemment intensifié la réglementation sur la vente d'alcool, une source de revenus cruciale pour les restaurants, comme l’a noté le site de nouvelles économique BFM TV. En effet, des hausses de TVA et la suppression de régimes fiscaux avantageux ont significativement accru les charges sur les petites entreprises.
Le coup de grâce
Alors que certains magasins ferment définitivement, d'autres, comme la boucherie d'Alina, voient leur chiffre d'affaires s'effondrer. "Ils ont multiplié nos charges par quinze avec de nouvelles règles. Que devons-nous faire, dans un pareil contexte ?" se demande-t-elle, découragée.
Face à cette crise sans précédent, bon nombre d'entrepreneurs envisagent d'opter pour des activités dans l'économie informelle, exposant ainsi leur entreprise à un risque accru. Janna, la manucure, se trouve dans une situation précaire où maintenir des tarifs abordables tout en restant rentable devient un véritable défi.
En somme, les petites entreprises russes, essentielles au tissu économique local, se battent pour leur survie dans un environnement de plus en plus hostile, où les conséquences de la guerre en Ukraine continuent de se faire sentir de manière tragique.







