Pascal Demurger, à la tête de la Maif, a fermement contesté les propositions du Medef. La première organisation patronale a initié un plan d'économies de 100 milliards d'euros pour le pays, mais Demurger estime que ces mesures arrivent à un moment inapproprié.
Lors d'un débat aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, il a exprimé son inquiétude : "Lorsque je constate certaines demandes du patronat à l'approche des élections présidentielles, dans un contexte de colère sociale, j'appelle à la prudence. Nous devons d'abord préserver notre cohésion sociale et garantir une certaine harmonie au sein de notre société".
Il a abordé des demandes spécifiques, telles que la suppression de la CVAE (contribution sur la valeur ajoutée des entreprises) et la réduction des cotisations patronales, tout en les compensant par une augmentation de la TVA et de la CSG pour les ménages. "Évitons à tout prix le chaos", a-t-il averti.
Le Medef défend également des mesures controversées, comme l'âge de la retraite à 65 ans et un gel des pensions. Ces propositions sont délicates, surtout dans le contexte de la réforme Borne, qui repousse l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, suspendue jusqu'à 2028.
Co-président du mouvement Impact France, qui regroupe 30 000 entreprises soucieuses de l'impact social et environnemental, Demurger se positionne comme un acteur responsable dans le débat. Il a ajouté que l'entreprise devrait jouer un rôle de "modérateur" dans la société actuelle.
Une campagne présidentielle "pas complètement prise au sérieux"
Demurger a également souligné l'importance de la campagne présidentielle à venir, dénonçant son traitement souvent désinvolte. "C'est peut-être la campagne la plus sérieuse de la Cinquième République, mais elle n'est pas suffisamment prise au sérieux", a-t-il déploré, notant l'émergence fréquente de nouveaux candidats et une radicalisation des discours.
Il évoque des études soulignant le lien entre la perception des employés au sein des entreprises et leurs comportements politiques, notamment en ce qui concerne le vote en faveur du Rassemblement National.
Enfin, Demurger a condamné la propagation de récits négatifs dans le débat public, remettant en question les critiques évoquant une explosion de la violence ou une jeunesse présumée paresseuse. "Que faisons-nous face à ces narrations négatives?", a-t-il interrogé.
Pascal Demurger avait déjà exprimé ses réserves en avril concernant le rapprochement entre les patrons et certaines mouvances politiques, critiquant l'ouverture de dialogues avec des figures du Rassemblement National.







