Dans un rapport publié le 14 janvier, la Cour des comptes européenne indique que les contrôles des résidus de pesticides sur l'huile d'olive importée, en particulier de Tunisie, sont soit inexistants, soit très limités. Bien que plus de 90 % de l'huile d'olive consommée en Europe soit produite localement avec des mécanismes de contrôle rigoureux, l'importation, qui représente environ 9 % du marché, semble échapper à cette vigilance.
Les pays comme l'Italie et l'Espagne affichent des chiffres alarmants : aucun contrôle sur les importations en 2023 et seulement trois échantillons analysés en Espagne depuis 2018, respectivement pour des résidus de pesticides et d'autres contaminants. À ce titre, la Belgique ne prévoit aucun contrôle, et la Grèce n'a commencé qu'en 2024.
Cette situation soulève des inquiétudes parmi les agriculteurs européens, alors que des produits contenant des pesticides prohibés pourraient menacer leur sécurité et leur revenu. La Commission européenne a réagi en affirmant que les importations d'huile d'olive doivent subir les mêmes normes que celles de l'UE. Le Copa-Cogeca, groupe représentant des syndicats agricoles, a évoqué une question d'équité commerciale, ne souhaitant pas que des secteurs sensibles, comme l'huile d'olive, soient fragilisés.
De plus, l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, critiqué pour son manque de contrôles de pesticides, est au cœur des discussions. Pour apaiser les craintes, la Commission a promis d'augmenter les contrôles de 50 % à l'étranger et de 33 % aux frontières dans les deux prochaines années.
Avec l'engagement de l'UE à interdire des substances spécifiques dans les produits importés, notamment en début d'année, les agriculteurs espèrent un renforcement des régulations. En effet, des substances comme le carbendazime et le bénomyl, utilisées ailleurs dans le monde, sont désormais proscrites pour protéger la santé publique et le secteur agricole européen.







