Suite à plusieurs actions menées par des agriculteurs dans les Landes la semaine dernière, le préfet Gilles Clavreul a décidé de déposer plainte contre ceux qui dégradent les biens de l'État. Connu pour son approche dialoguante, ce dernier a fait preuve de fermeté face à des actes qualifiés de délinquance.
Le jeudi 8 janvier, près d’une centaine de membres des Jeunes Agriculteurs (JA) et de la FDSEA se sont réunis devant la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pour effectuer une action choc : un portail en fer a été détérioré et une vingtaine de remorques pleines de déchets ont été déversées dans l’enceinte des locaux. Le lendemain, une autre action a eu lieu à la préfecture, où des agriculteurs ont tenté de souder une chaîne au portail de l'établissement.
Pour M. Clavreul, il est impératif de rappeler que « dégrader des biens de l’État reste un délit ». Il a souligné qu’il n’y a pas de place pour une double moralité devant la loi, insistant sur le fait que de telles dégradations sont, in fine, financées par les contribuables. « Ce ne sont pas des actes responsables et ils ne rapportent rien aux agriculteurs », a-t-il ajouté, classant ces comportements comme inacceptables dans une société civilisée.
En outre, le préfet a mis en avant l'impact économique de ces dégradations, qui coûtent cher aux citoyens. Des affrontements similaires ont eu lieu à travers la France, représentant une vague de mécontentement croissante parmi les agriculteurs, souvent provoqués par les politiques agricoles jugées défavorables. Les tensions autour des réformes agricoles et des prix fermiers insuffisants exacerbent l’inquiétude du secteur.
Des experts tels que Jean-Michel Lemétayer, ancien président de la FNSEA, affirment que « les agriculteurs doivent se faire entendre, mais pas par la violence ». Les syndicats agricoles devraient chercher davantage à dialoguer avec les autorités pour faire passer leurs revendications sans recourir à la dégradation.
Finalement, le préfet a rappelé que le droit au recours est toujours possible, mais qu'il doit se faire dans le respect des lois de la République, ajoutant que sa porte reste toujours ouverte pour des discussions constructives.







